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Jeudi 24 Mai 2012Livre

 Mon petit mari

Mon petit mari

Pascal BRUCKNER

Editions Grasset & Fasquelle - 209 pages

Et ta critique ?




Que se passerait-il si les différents évènements de la vie d'un couple faisaient rétrécir, voire rapetisser le mari ?


Le dernier roman de Pascal Bruckner s’inscrit dans une longue tradition fantastique de la transformation du corps humain, à laquelle l’auteur est très attaché, comme il le rappelle lui-même en postface.

L’intrigue se laisse deviner d’assez loin : Léon, le mari de Solange, déjà dépassé d’une tête par sa femme à l’église, rétrécit soudain au rythme des naissances dans leur foyer, jusqu’à atteindre la taille d’un jouet. Le papa-playmobil disparaît alors aux yeux du monde extérieur, et devient un monstre pour ses proches. Un objet de honte, de moquerie, et bientôt de haine.

Tout le reste n’est que péripéties, parfois amusantes. On devine que l’auteur a pris plaisir à inventer certaines situations, à renouveler le genre, à l’accessoiriser aussi, à coups de modèles réduits roulant ou volant.

Le mâle rétréci se retrouve finalement dans la position de certains insectes, très inférieur en taille à la femelle, et à sa merci. Dans l’intimité, cette disproportion crée des rapports nouveaux : "Tel un coq en pâte il fermait les yeux, se laissait bercer par ce coussin de chair aux douces odeurs lactées, qui montait et descendait sur un rythme de houle."

A la fin, les choses ne rentreront dans un ordre plus normal que lorsque Léon aura pris la décision et le chemin de la fuite, de l’éloignement du foyer familial. L’histoire doit se lire manifestement comme une parabole, et le lecteur pourra songer aux interprétations à en donner, entre les invitations conscientes ou inconscientes de l’auteur, volontaires ou involontaires.

Il reste que le début du livre est assez mal écrit, ce qui est surprenant de la part d’un écrivain blanchi sous le harnois comme Bruckner. Il faut attendre la page 27, début du deuxième chapitre, pour que le niveau de l’écriture atteigne ce qu’on peut légitimement attendre sous la couverture d’un grand éditeur. Rien de dramatique, mais c’est tout de même agaçant.

En conclusion, et en fait de petit mari, il s’agit d’un bon petit roman, vite avalé, comme une friandise, qui pourra distraire le lecteur le temps d’un voyage. D’un petit voyage.


Philippe Muller

© Etat-critique.com - 14/01/2008