Quasiment chaque mercredi, l’industrie française s’essaie à la comédie sentimentale. Chaque semaine, le spectateur a droit à un petit téléfilm sans grande saveur mais sauvé par des acteurs généreux. Ca baille dur dans les salles de cinéma.
En toute discrétion, il faudra s’intéresser à la filmographie d’Alexandra Lamy, la blonde rigolote d’Un gars, une fille. Elle fascine à se compromettre dans des comédies suaves et pas du tout réussies. Elle minaude à l’écran et son jeu semble se limiter à cela.
Au moins, dans Modern Love, elle se moque un peu de son image. Elle joue un personnage fictif, une artiste rebelle qui tombe amoureux d’un homme richissime et prétentieux. Elle se parodie mais ne convainc pas. Avec le comique Stéphane Rousseau, ils ne maîtrisent pas le second degré et leur duo romanesque tombe à l’eau.
Bérénice Béjo est nettement plus troublante. La trentaine élégante, elle reprend le rôle de la fille qui connaît des échecs et qui se vautre dans une vie sentimentale troublée. Elle joue Elsa qui craque pour Jérome, un homosexuel. Evidemment les quiproquos vont se multiplier.
La comédienne s’en sort avec un complice méconnu et emballant. Elle doit faire avec une multitude de clichés et elle n’est pas la seule. Pierre François Martin-Laval est un scénariste dépressif depuis le départ de Marie. Il s’en remet doucement avec la jeune Anne mais son ex revient dans sa vie avec une demande très spécial…
L’ancien Robin des bois est époustouflant. Son air lunaire et délicat fait merveille. Sa fausse maladresse offre de beaux moments de légèreté. Il réussit même à soutenir Clotilde Courau, étonnement juste. L’acteur est le grand plus de cette toute petite comédie.
Autrement c’est encore un ersatz de comédie américaine. Le réalisateur, auteur du mémorable et sinistre Sexy boys, copie et colle des situations rabâchées avec cent fois plus d’efficacité par Hollywood. La mise en scène est un appel à la sieste tandis que les dialogues arrachent rarement un rire franc. C’est la désolation et heureusement qu’il y a de la sympathie pour les comédiens sinon 9 euros pour un roupillon, c’est un peu cher !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 18/03/2008