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Jeudi 24 Mai 2012Musique

 Mockingbird Time

Mockingbird Time

The JAYHAWKS

(Rounder records - 2011)

Et ta critique ?




Ca faisait un bout de temps qu'on attendait cela: un retour des Jayhawks, pionniers de l'Americana. Déception assurée ou nouvel espoir ?


Récapitulatif des épisodes précédents. En pleine furia grunge, l'Amérique découvre la country débridée des Jayhawks, groupe de Minneapolis qui dépoussière le genre avec une énergie juvénile et une électrique envie d'en découdre avec les codes.

En 1995, par amour pour sa femme, Mark Olson, chanteur du groupe, claque la porte et laisse Gary Louris, guitariste et seconde voix, seul aux commandes. Il se débrouille très bien mais petit à petit le groupe s'éparpille dans des projets solos ou parallèles dont le génial groupe Golden Smog...

En 2003 sort dans l'indifférence "Rainy day music". De son coté, Mark Olson sort des albums dans tous les sens et Gary Louris décide de se lancer dans la production et cherche quelques idées pour un disque solo. En 2008, il sort "Vagabonds", excellent disque de blues.

A ce moment là, il croise de nouveau Mark Olson et les deux hommes composent un disque ensemble ("Ready for the Flood"). L'amitié renait et voilà le travail : en 2011, "Mockingbird time" est le 8e album studio des Jayhawks. Les retrouvailles sont chaleureuses: le disque rappelle les membres originaux du groupe.

Mark Olson et Gary Louris ont signé l'intégralité des chansons. On redécouvre donc le charme capricieux de leurs compositions: un rock teinté de traditions mais exécuté avec une hargne digne de Neil Young. Les Jayhawks jouent comme si c'était les derniers instants de leur existence !

Ca joue donc avec ferveur et envie. Bien entendu, les voix ne sont plus aussi héroïques qu'à l'époque des fabuleux "Hollywood Town Hall" ou "Tomorrow the green grass". Cependant on reconnait cette impressionnante osmose entre les musiciens. Par exemple High Water Blues est automatiquement un petit chef d'oeuvre de convivialité et de magnétisme. Avec Marc Perlman, Karen Grotberg, le duo de chanteurs a confiance et se régale à se répondre dans des chansons un poil plus rock que d'habitude...

Le groupe n'avait jamais annoncé une quelconque séparation. On a bien l'impression que Olson et Louris ne se sont pas quittés. La réunion de talents se fait facilement. Leurs chants donnent encore le frisson. Les guitares sont douces comme certains riffs peuvent devenir furibards. L'art du contrepied et de la rupture est leur spécialité. Une douce ironie traverse le nouvel album.

Le son des Jayhawks n'a rien perdu de son charme. Le poids des années se fait un peu sentir. On les sent plus sages mais il y a un plaisir qui apparait à chaque note qui fait toute la différence. Nettement moins pathétique qu'une réunion de Crosby, Stills, Nash & Young, ce retour des Jayhawks offre un moment de nostalgie pas du tout mal placé.
Ces nouveaux morceaux font espérer.

C'est un régal de retrouver cette petite tribu, indispensable et euphorique.




Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 12/10/2011