Après l’électrisant Narc, l’Américain Joe Carnahan réalise un polar bourrin sans cervelle mais avec beaucoup de testostérone. Jeu du chat et de la souris entre assassins et agents du FBI, Mi$e à prix est une série B défoncée à l’EPO. Après le tour de France, pourquoi pas ?
Ray Liotta est l’une des plus belles gueules du cinéma américain. On le sait depuis Les affranchis et on est ravi de voir que des jeunes réalisateurs lui offrent de beaux rôles. Après l’avoir dirigé dans le sombre Narc, Joe Carnahan lui donne le rôle d’un agent du FBI futé et revenu de tout. Il est épatant.
A coté de lui, le réalisateur lui a refilé le pénible Ryan Reynolds (Van Wilder, Balade trinity), acteur fadasse mais qui se défend bien à la rencontre de vrais professionnels comme Ray Liotta ou encore l’élégant Andy Garcia. De la même manière, on est surpris par le charisme de la chanteuse Alicia Keys en tueuse à gages sans scrupule.
Le film réunit d’autres acteurs comme Ben Affleck et toute une ribambelle de acteurs de seconde zone (on ne sait jamais comment ils s’appellent), tous parfaits et ravis de faire partis d’une œuvre décomplexée. Car Mi$e à prix est un polar plus qu’énervé. C’est une série B cocaïnée et fiere de l’être.
Tout en esbroufe visuelle, le film raconte comment une petite star de Las Vegas sème la zizanie dans la mafia et le FBI lorsqu’il se décide à témoigner contre le dernier parrain de la pègre, très malade. Isolé dans un grand hôtel de Vegas, sa tête (ou plutôt son cœur) est mise à prix et tous les assassins convergent vers la capitale du jeu…
Il ne faut pas s’énerver devant un film aussi azimuté que Mi$e à prix. C’est de la bédé. C’est tellement énorme que la violence se désamorce toute seule. Bien sûr le film ne ménage pas les yeux et les oreilles mais à la différence d’un Bad Boys 2, il ne fait pas dans l’hypocrisie racoleuse et un américanisme primaire. Mi$e à prix se limite à son sujet. C’est une histoire tordue avec des personnages tonitruants.
Le film est d’une simplicité déconcertante, se concentrant avec insistance sur la tentative de meurtre sur le témoin à charge et tout ce que cela implique sur une dizaine de personnages. Pour Joe Carnahan, c’est le moyen de faire un film stylisé, qui rappelle Snatch et Layer Cake. A la sauce américaine, les effets sont plus voyants et l’intérêt se limite essentiellement aux pirouettes esthétiques.
Cela dit, Joe Carnahan a un certain talent. Dans ses meilleurs moments, le film rappelle le chef d’œuvre de Tony Scott, True Romance. Quelques personnages parviennent à exister malgré le barnum tout autour. Dans l’été des blockbusters, Mi$e à prix, par son ton excessif, a tendance à jurer. Ce n’est pas une mauvaise chose. Loin de là !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 30/07/2007