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Jeudi 24 Mai 2012Musique

 Mines

Mines

. MENOMENA

(City Slang/Cooperative Music - 2010)

Et ta critique ?




Nous avions quitté Menomena (enfin, pour ma part, j’avais quitté Menomena) après un concert à la Route Du Rock de St Malo, à l’été 2008, sur le chemin de leur tournée post-album, le toujours  plein de ressources « Friend & Foe »...



Fasciné par ces 3 musiciens de Portland, je m’étais juré de continuer à suivre leur carrière. Et j’ai bien fait d’attendre & d’être attentif.

Durant ces deux années, si le guitariste a sorti l’album solo « Your Anchor » sous le nom de Lackthereof, ce n’était que pour mieux revenir tous les trois, avec ce nouvel album, « Mines ».

Mais comment ces 3 petits blanc becs peuvent ils mettre autant de soul dans leur pop ? Car là où 99% des groupes écrivant ces chansons sonneraient « blanc », Menomena nous emmène dans le blues le plus extrême, au sens noir & musical du terme.
Ce disque est à chaque écoute un grand disque de Soul.

Taos  ou  Bote permettent au groupe de donner toute la tension & la suavité de leurs compositions. Mixée très forte, devant les instruments, le parti pris semble « la voix est un instrument ». Au final, elle est ce qui donne aux morceaux le supplément d’âme… que dire, l’Âme tout court, tant ces chansons semblent habitées.

Tous aussi à l’aise avec la multiplication des instruments mais chacun prenant le micro tour à tour, les membre de Menomena croisent leurs influences & les mixent dans tous les sens.
L’utilisation du sampler & des boucles d’effets envoie leurs pop songs dans les étoiles, à la manière des Flaming Lips. On pense aussi à TV On The Radio pour le c(h)œur mis à l’ouvrage – comme si le monde allait s’écrouler après eux, tellement l’intention est forte. Mais aussi à Morphine (« Ho pretty boy, you’re such a big boy »), pour le mix réussi entre noirceur & bonhommie, pour nous rappeler derrière tout ça que ce n’est que de la musique...

Pourtant, les derniers mots de l’album nous arrivent en pleine figure, comme si toute l’intention qui avait été mise dans cet album était un leurre :
« I admit sometimes I say too much, I never thought I'd lie” – J’admet que parfois je parle trop, je ne pensais jamais que je mentirais”.

Belle profession de foi.



Stéphane Dorémus

© Etat-critique.com - 10/09/2010