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Jeudi 24 Mai 2012Musique

 Michel Polnareff

Michel Polnareff

Michel POLNAREFF

Concert du dimanche 11 mars 2007 au Palais Omnisport de Paris-Bercy

Et ta critique ?




Trente-quatre ans d'absence, autant dire une éternité pour Michel Polnareff qui renoue depuis une semaine avec le public parisien avant d’entamer une tournée en France, en Suisse et en Belgique. Séquence émotion.


Dix-sept mille personnes chaque soir se pressent pour fêter le retour au bercail de l’enfant prodigue depuis trop longtemps exilé loin de son public et de ses racines. Fans de toujours (lunettés et perruqués comme il se doit) et amateurs avertis sont au rendez-vous du Polnashow : deux heures sans temps mort pour passer en revue tous les titres qui ont fait son succès.

Entrée en matière en forme de clin d’œil pour l’homme dont on n’a pas vu les yeux depuis une éternité : en ombre chinoise géante, il brandit sa paire de lunettes et la pose sur son nez… avant de faire mine de baisser son pantalon ! Toute la légende de Polnareff résumée en une brève pantomime.

Mais sitôt le rideau levé, le chanteur à la chemise blanche et au pantalon et gilet de cuir noir s’avance jusque sur le devant de la scène (dont il ne bougera pratiquement plus) et lance son rituel "Bonsoir et bienvenue pour l’épisode 8 de la tournée 2007" ! Commence alors la démonstration de force de l’exilé américain : de Je suis un homme à On ira tous au paradis, il aligne tous ses standards sans jamais lever le pied ni trahir la moindre baisse de régime.

La voix est impeccablement placée, les musiciens assurent sans génie - mais sans faille - et les choristes relèvent la sauce et lui restituent cette saveur épicée dont on aurait pu craindre qu’elle disparaisse avec le temps. Jusqu’au décor et au light show à la fois spectaculaires et classieux qui soulignent chaque titre avec à-propos : une immense arche luminescente encastrée d'écrans vidéo géants, sur un fond de ciel étoilé scintillant et, flottant dans le vide, une douzaine d’immenses sphères luminescentes.

Au total, Michel Polnareff interprètera une vingtaine de titres parmi lesquels Position (un inédit) et Ophélie flagrant des lits (son dernier single). Repris en chœur par un public acquis, défileront ainsi : La Poupée qui fait non, L'Amour avec toi, Tam-Tam, L'homme qui pleurait des larmes de verre, Qui a tué grand-maman ?, Le bal des Laze, Y'a qu'un ch'veu (version country), Lettre à France, Holidays, Love me please love me… jusqu’à un Goodbye Marylou de circonstance pour achever une prestation de haut niveau.

Il fallait pourtant compter avec les rappels pour lesquels Polnareff avait gardé, notamment, un Tout, tout pour ma chérie endiablé et, en guise d’apothéose finale, On ira tous au paradis façon karaoké avec les paroles qui défilent sur écran géant et pluie de papillotes argentées en forme de lunettes !

Devant l’insistance d’un POPB sold-out, l'artiste âgé de 62 ans, revient alors seul en scène et, pour le plaisir, s’installe au piano pour interpréter une seconde fois L'homme qui pleurait des larmes de verre… "Parce que c’est ma chanson préférée" dit-il.

C’est un public comblé qui quitte alors lentement les lieux. Heureux d’avoir "vu l'Arlésienne" et pardonnant à l'artiste les petits travers d'une prestation millimétrée… donc manquant de cette spontanéité, de ce supplément d'humanité tant espéré. Goodbye Michel, à un de ces jours, au paradis…


Joël Fompérie

© Etat-critique.com - 15/03/2007