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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Mes meilleures amies

Mes meilleures amies

Paul FEIG

Avec Kristen Wiig, Maya Rudolph, Rose Byrne et Melissa McCarthy - Universal - 10 aout 2011 - 2h07

Et ta critique ?




Une blonde se prend la tête avec ses copines. Et ca dure deux heures...


Les filles sont bavardes. C’est un lieu commun qui permet quelques clichés sur la gent féminine en général et qui justifie entièrement le film produit par la plus grande pipelette de la comédie américaine, le scénariste réalisateur producteur Judd Apatow.

Depuis Supergrave, son style peut se résumer ainsi : de la grosse vanne scato cachant un prolixe discours existentiel sur l’Américain moyen et ses complexes. Judd Apatow fait disserter longuement ses personnages sur la vie, l’amour et les blagues !

Dans le fond, c’est très sympa ; dans la forme, cela donne des films difformes, jacassants et parfois fascinants. Pas étonnant de retrouver la patte de l’auteur de 40 ans toujours puceau derrière cette comédie girly de plus de deux heures. Une fois de plus, ca va causer… jusqu’à saturation.

Car Annie (Kristen Wiig, star du Saturday Night Live) s’écroule sous une montagne de problèmes lorsque sa meilleure amie lui demande d’être sa demoiselle d’honneur. Incapable de gérer sa vie, Annie disserte sans arrêt sur sa médiocrité : son boulot pourri, ses amours sans espoir et sa rivalité avec la parfaite Helen…

Entre deux scènes verbeuses, Annie tente de faire la fête pour sa copine et cela finit généralement dans une mare de vomi. Le terme girly mis en avant sur l’affiche trompe un peu le spectateur : l’humour de Apatow est vraiment trash et notre héroïne ferait passer le trio de Very Bad Trip pour des anges sobres.

Les filles sont capables des pires horreurs et n’ont rien à envier à tous les héros des comédies américaines actuelles. Cette égalité des sexes est tout à fait défendable cependant les auteurs du film veulent trop en faire et le supplice d’Annie dure une éternité.

La comédie est affaire de rythme et ici, le temps se dilate sur la moindre situation. Chaque scène dure deux ou trois minutes en trop. L'actrice principale et scénariste veut tout mettre dans son film qui rapidement ressemble à un fourre tout, une version décomplexée de Bridget Jones.

Malgré les efforts des actrices à dépasser les limites du genre, le tempo nonchalant du film finit par exaspérer. A la fin, on n'en peut plus de ce crépage de chignon sans fin.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 25/08/2011