Meneuse d’hommes au charme fou, l’écossaise Sharleen Spiteri abandonne son Texas, source de tubes imparables dans les années 90. Elle s’imagine désormais en Nancy Sinatra. Ce n’est hélas pas la première !
La chanteuse du groupe Texas a toujours aimé la musique des années 60 et on se souvient avec une certaine émotion de l’entraînant Black Eyed Boy, dernier coup d’éclat de ce groupe discret mais plaisant.
Depuis le son Motown est redevenu une référence de Kanye West à Amy Winehouse. L’Angleterre, elle, semble retrouver les vertus de la musique sixties. Il n’y a pas que les filles. Le leader des Artic Monkeys vient de réaliser sûrement l’un des meilleurs disques de l’année sur ce thème avec son faux groupe The last shadow puppets.
Bref, la brune Sharleen a de quoi s’agacer. Elle a toujours chanté son amour pour cette musique faussement naïve et ce sont les petits nouveaux qui en profitent. Il n’y a pas que cette décadente d’Amy Winehouse. On a entendu de vrais talents comme Duffy ou Adele.
Melody sonne un peu comme un geste de désespoir. Ne pouvant être la première de sa catégorie, Sharleen veut tout de même montrer qu’elle compte pas pour des prunes.
Son disque est donc un concentré de musique nostalgique, avec violons, cuivres et multiples références : Bacharach, Gainsbourg et Phil Spector. La fan de Diana Ross peut enfin se lâcher sur des morceaux élégants mais trop stéréotypés.
Aidée par l’ancien guitariste de Suede, Bernard Butler, la belle réalise son rêve avec orchestre entêtant et une white soul joliment menée. On s’imagine bien dans les 30 glorieuses, à découvrir les joies de la modernité.
Cependant on a un peu de peine pour la chanteuse de Texas. Passionnée par cette musique, elle s'est faite griller la priorité par une ribambelle de chanteuses talentueuses et désormais elle a des allures de suiveuse. C'est un peu triste.
Reste un disque qui regarde résolument derrière et qui assume clairement un héritage de plus en plus à la mode, complètement réhabilité en ce début de siècle. La peur de l’avenir peut être ?
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 29/08/2008