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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Medieval pie

Medieval pie

David LELAND

Avec Hayden Christensen, Mischa Barton, Tim Roth et Coral Beed - Quinta communication - 23 juillet 2008 - 1h34

Et ta critique ?




Une étude de mœurs réjouissante sur le Moyen-âge. Voilà ce que ce film n’est pas. Sans rapport avec la série des American Pie, le titre français résume pourtant l’esprit qui règne ici.


Le Décaméron est un recueil de nouvelles qui préfigure le romantisme italien à l’aube de la Renaissance. Il est important de soulever ce point de savoir, tant il est surprenant d’apprendre que cette œuvre est à l’origine de l’outrage à la culture européenne dont il est question ici.

Toutefois, cette coproduction internationale (dont l’Italie où se passe l’action) avait de quoi faire rêver. Des décors naturels qui mettent à profit les splendides paysages de Toscane aux costumes d’époque, tout était réuni pour faire quelque chose d’intéressant.

Puis on découvrait qu’un des producteurs n’était autre que l’Italien Dino de Laurentiis (La Strada, Pierrot le fou) et que l’ombre de Pasolini planait sur ce remake de l’un de ses films. Mais quand David Leland (dont le travail se résume à quelques tentatives qui n’ont connu que les étagères des vidéoclubs) s’attaque au sujet, on prend peur.

Florence, XIVème siècle. La Peste Noire ravage le pays. Une belle orpheline promise à un prince charmant venu des plaines moscovites reçoit l’affection d’un personnage sinistre, tout en passant à un éphèbe rêvant d’aventure(s).

États-Unis, XXIème siècle. Un réalisateur luttant pour sa pitance découvre émerveillé dans la dégradation d’une saga spatiale, un jeune acteur au regard fiévreux capable de mille expressions différentes (à 999 près). Au même moment, une starlette expose sa blondeur et son talent (qui n’a rien à envier au précédent) dans une série sur de riches Californiens existentialistes. Ils étaient faits pour se rencontrer, malheureusement pour nous.

Environs de Florence, sept siècles plus tôt. L’éphèbe est embauché comme jardinier dans un couvent rempli de superbes nonnes nymphomanes. L’orpheline l’y retrouve très épanoui et en devient jalouse. Le sinistre personnage et le prince charmant tentent de s’entretuer pendant que l’entourage de l’orpheline fait son éducation sexuelle en milieu rural.

Comme toute bonne comédie d’obédience shakespearienne, les choses se termineront par un mariage après quelques démonstrations de virilités. De batifolage prénuptial en grandes déclarations romanesques, l’intrigue avancera lentement mais sûrement. Enfin, surtout lentement.

Les amateurs de badinage décérébré ne pourront que se réjouir d’un casting rappelant les séances de rattrapage à l’option Art Dramatique du baccalauréat. Ils se délecteront également d’une profusion de mamelons à l’écran, sorte de part variable sur le salaire de Hayden Christensen en plus des vacances tous frais payés en Italie.

Noyé dans une musique digne des plus grands moments de shopping en hypermarché, ce long-métrage mal construit et sans intérêt devrait passer inaperçu. Dommage pour le seul duo qui fonctionne (le prêtre et le malfaisant) qui ne reste pas assez sur la pellicule pour le regretter. Spectateurs avertis, courage : fuyez !


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 30/07/2008