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Jeudi 24 Mai 2012Musique

 Mc Cartney

Mc Cartney

Paul MC CARTNEY

(MPL-Parlophone-EMI Records Ltd - 1970)

Et ta critique ?




Fin 1969 : les Beatles ne sont pas encore officiellement séparés, mais, officieusement, la messe est dite...

Paul McCartney, dégoûté, fatigué et un peu déboussolé par cette décennie de folie pure, se retire.
Il part s’installer avec femme et enfants dans la ferme qu’il a achetée en Ecosse, au calme et à la nature.
Le réflexe vital d’écrire et enregistrer des chansons ne disparaît pas pour autant.
Alors, afin de concilier une énorme envie qu’on lui foute la paix et un inextinguible besoin de créer de la musique, Paul McCartney décide de faire un disque tout seul, dans sa ferme, au milieu de ses animaux, de sa femme et de ses enfants.

Il rassemble donc ses guitares, une batterie et un magnétophone 4 pistes dans une pièce de la maison et fabrique cet album dont nous parlons, son premier en solo, de la façon la plus artisanale qui soit.

Des chansons orphelines, prévues pour les Beatles, des compositions spontanées, des bouts d’essai, des improvisations, des petits bijoux : tout ceci cohabite avec grâce dans ce disque très touchant et plein de tendresse, retour aux sources d’un homme qui va devoir se reconstruire un univers, une carrière et une identité en tant que musicien.

A la fois ingénieur du son, producteur, guitariste, bassiste, batteur et chanteur, Mc Cartney ne cherche pas à fignoler, se contentant souvent de la première prise, invitant (malheureusement) de temps à autres sa Linda à pousser quelques choeurs.

Certains morceaux ne sont même pas finis, Paul joue très mal de la batterie, maîtrise très moyennement la console, Linda chante comme une casserole et pourtant... Le résultat est d’une inspiration redoutable et d’une fraîcheur absolue !

Dans ce paquet mal ficelé, on trouve une bonne moitié de compositions magnifiques, excitantes, qui se suffisent à elles-mêmes et qui survivent très allègrement à la médiocrité de la production. Et c’est ça qui est fabuleux : la majorité des morceaux sont comme des diamants à l’état brut, tout juste sortis de la mine, dont on se demande  si on gagnerait vraiment à les tailler finement. Le charme de l’authentique.

Sans compter qu’on trouve là toutes les fondations qui serviront à élaborer, de façon plus professionnelle et mieux aboutie, les formidables albums « Ram » et « Wild Life » qui suivront dans la foulée.

« McCartney », l’album, n’a pas choisi son titre par hasard. C’est finalement et sûrement le plus personnel de son auteur, le plus proche de ce qu’est Paul McCartney : un compositeur d’instinct, honnête, sincère, spontané et formidablement talentueux.


Roland Caduf

© Etat-critique.com - 09/02/2008