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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Max la menace

Max la menace

Peter SEGAL

Avec Steve Carell, Anne Hathaway, Alan Arkin et The Rock - Warner Bros - 10 septembre 2008 - 1h45

Et ta critique ?




Remise au goût du jour, la série Max la Menace offre un très bon moment de divertissement cinématographique. On regrettera un vernis un peu trop lisse qui l’éloigne de l’œuvre originale.


Quand le trublion Mel Brooks s’essaye à la production sur petit écran dans les années 60, il donne naissance à l’une des premières séries cultes dans l’histoire de la télévision américaine (si l’on ignore I love Lucy). À partir de la trame d’un James Bond (un espion pris dans la tourmente de la Guerre Froide), il crée le personnage de Maxwell Smart, l’agent 86.

Travaillant pour une agence américaine de renseignement ultrasecrète baptisée CONTROL, il devra lutter contre ses rivaux soviétiques du KAOS. Avec sa plantureuse coéquipière (connue uniquement sous le numéro 99), il sauvera la Terre plus de fois qu’elle ne pourra le supporter.

Car il n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler une flèche. Maladroit, peu discret et orgueilleux, seules ses aptitudes au combat et au tir le distinguent de l’individu lambda. En mission, il passe le plus clair de son temps dans des joutes verbales avec 99, donnant tout son charme et son originalité à la série.

Le titre original et son triple jeu de mots (Get Smart) ne trompent pas sur la marchandise : la première menace que représente Max n’inquiète pas que ses ennemis. On pense immédiatement à son alter ego français, OSS 117 version moderne : est-il très intelligent ou complètement con ?

Comédie d’espionnage, cette mouture pour salles obscures reprend l’univers et les protagonistes principaux. Bien que le monde ne soit plus vraiment bipolaire (si l’on évite de regarder du côté de la Géorgie). Mais la grande différence vient de l’incarnation très personnelle de l’antihéros.

Simple analyste dont seul le talent bureaucratique est reconnu, il ne rêve que d’aller sur le terrain pour récompenser les sacrifices qu’il a faits pour y parvenir. Après l’attaque du QG, l’organisation est en manque de bras. L’occasion idéale pour une promotion éclair injustifiée.

Entre action frénétique et comique débridé, le film propose un mélange satisfaisant. Le couple fonctionne à merveille et Steve Carell est tout simplement parfait pour le rôle. Dwayne Johnson (qu’on appelait The Rock en des temps anciens) et Malcolm McDowell sont des seconds couteaux forts appréciables.

Malheureusement, la réalisation souffre du politiquement correct et d’un scénario assez pauvre qui n’offre que peu de place à l’improvisation et donc, à la surprise. Pas de quoi se sentir lésé, mais rien qui n’en fasse le chef-d'œuvre auquel il aurait pu prétendre. Si les producteurs décident de faire une suite, il faut espérer que Mel Brooks revienne aux commandes. Quitte à faire des remakes, autant laisser faire ceux qui s’y connaissent.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 11/09/2008