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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Mauvais vent

Mauvais vent

Stephane ALLAGNON

Avec Jonathan Zaccaï, Aure Atika, Bernard Le Coq et Florence Thomassin Gaumont – 13 juin 2007 – 1h31

Et ta critique ?




En Bretagne la pluie ne mouille que les cons mais aussi des apprentis truands ! Ce premier film est un thriller breton qui profite de la tempête et des charmes bizarres des cotes armoricaines. Film d’ambiance, Vent mauvais souffle dans le bon sens !


Franck Meyer est un vrai héros de film noir. Son regard bleu cache à peine un cynisme, une désinvolture et une désespérance. Il a beau être un simple informaticien en intérim, sa démarche de gars meurtri par l’existence rappelle ces héros de romans noirs, pris dans de drôles de pièges et ravis de se confronter aux délits les plus glauques.

Franck Meyer se dirige donc au bord de la mer en Bretagne pour réparer le système informatique d’un supermarché, suite à une tempête incroyable. Très vite, il comprend que le patron détourne de l’argent. Il découvre aussi que certaines personnes du village s’intéressent à cette combine. L’appât du gain tend très vite les relations entre le nouveau venu et des novices dans le crime.

Il y a la grosse brute, le petit futé, le bon gars pas très malin, la femme fatale, l’épouse délaissée et un mystérieux disparu. A la mode celtique ! C’est l’excellente idée de ce film d’ambiance. Derrière le décor, la campagne et la rusticité, se cache un authentique petit film noir, maîtrisé et réussi.

Loin des canons du divertissement, le réalisateur Stéphane Allagnon applique les règles sublimées par Raymond Chandler et profite même du western. Le rythme est lent mais devient énigmatique. Le folklore devient étouffant. Les duels deviennent doucement mais sûrement inévitables. Pathétiques, les héros de Vent mauvais deviennent les pantins d’un destin capricieux mené par leur cupidité.

Le déplacement géographique est de toute façon réussi. Cela fait plaisir de voir un vrai film de genre à la française, qui n’a pas besoin d’hectolitres de sang pour réussir son projet. Hélas, l’absence de violence (ou elle est plutôt fulgurante donc très efficace) empêchera une publicité plus grande. C’est dommage : c’est une rareté en France et c’est un bon polar.

D’ailleurs il faut saluer la prestation de Jonathan Zaccaï, comédien discret qui trouve ici son premier rôle principal. Son regard délavé est aussi ambigu que la campagne bretonne. Le réalisateur compose un personnage rare dans la production hexagonale, tout comme les autres protagonistes, d’abord communs puis surprenants.

Vent mauvais n’est pas une tornade pour le box office mais offre un tourbillon de plaisir pour les amateurs de polar et de cinéma! Il y a donc du nouveau à l’Ouest.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 22/06/2007