Java revient avec son rap musette et ses jeux de mots hilarants. Ce troisième album nous rappelle la générosité d’un groupe finalement pas si désinvolte que ça !
Au début, on a trouvé cette bande de clowns plutôt sympa. Avec un accordéon inspiré et un flow habile, les aventures éthyliques et cyniques de Java secouaient le rap et la chanson française.
Le second opus fut évidemment très décevant et les envies du chanteur R-Wan de disques en solo laissaient craindre une durée éphémère pour le groupe parisien.
"Maudits français" rassure donc sur l’ambition de Java. Ils construisent pour durer. Le rap musette s’installe à nouveau à Paris et dès les premiers refrains, on retrouve avec plaisir les habitudes de Java : le groupe se marre et braille comme des parigots !
Dans un rap français complètement à la dérive, la musique populaire de Java fait la différence en introduisant du reggae et des idées aussi farfelues qu’intéressantes. Pas de gonflette ! Pas d’oppression (juste ce qu’il faut)! Pas de grosses voitures ! Pas de bombasses en string !
R-Wan continue d’observer son quotidien, de raconter ses rencontres et de se plaindre avec un humour noir cinglant et inspiré. Il pleure de voir la capitale devenir un musée. Il profite d’un voyage au Canada pour célébrer l’argot. Il partage ses chansons avec des musiciens enthousiastes.
"Maudits français" est une réjouissante promenade dans un Paname délaissé par Renaud. Le rire permet de décrire la misère mais aussi sa richesse. Toujours spirituel, le disque fait remuer et réfléchir.
R-Wan et ses potes n’ont aucun mal à faire la différence. Leur rap est tout simplement jouissif. Leur énergie explose sur chaque morceau. Leurs influences imposent un style d’une efficacité redoutable. On rigole avec eux. Il pointe toujours un pic qui rappelle que les bouffons se permettent de dire la vérité. Même quand elle ne fait pas plaisir à entendre. Cependant avec Java, qu’est ce qu’elle est bien présentée ! Le quatrième album, vite. Et pas de blague!
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 27/11/2009