Scarlett Johansson, Emily Mortimer, Brian Cox et Jonathan Rhys-meyers - TF1 video - 26 octobre 2005 - 2h
Et ta critique ?
Nanars, chefs d'oeuvre, séries B, curiosités... Etat Critique vous offre une rétro de la décennie écoulée tout en dvd! On n’oubliera pas le plaisir retrouvé du cinéaste binoclard : Match Point rappelle le génie de Woody Allen !
Match point, le 39e film de Woody Allen nous a réservé de bonnes surprises. En effet, après quelques films sympathiques et jamais mineurs, il passe tout de même à la vitesse supérieure, dans le sens où il nous offre une œuvre noire, profonde et que l’on regarde sans jamais se demander si l’on perd son temps.
Woody nous plonge dans ce qu’on appelait au 19e siècle, un récit d’apprentissage. Même s’il fait référence à Dostoïevsky en ce qui concerne les dilemmes moraux des personnages, Match point (Balle de match) fait penser à ces grands romans écrits par Dickens, Goethe ou Thackeray et qui nous décrivent l’ascension sociale et la réussite d’un jeune homme sans fortune. Comment faire son chemin dans l’existence…
Chris a été tennisman durant sa jeunesse. D’un bon niveau, sans atteindre les plus grands. Quand commence le film, ce jeune Irlandais s’installe à Londres pour y donner des cours de tennis dans un country club. Cela lui permet de rencontrer Tom, fils d’une riche famille d’entrepreneurs.
Et Tom lui présente sa sœur Chloe, très sensible aux charmes du bel irlandais. Pendant qu’il courtise Chloe et se fait apprécier de toute la famille, Chris rencontre Nola, une jeune actrice américaine fiancée à Tom. Il ressent un désir intense pour Nola. Cela dit, on le comprend, Nola étant interprétée par Scarlett Johansson, l’anti-bromure par excellence. Depuis la belle est devenue la muse du cinéaste et cela se voit!
Tout est disposé pour qu’ait lieu un drame. Comment Chris réagira-t-il quand la passion charnelle viendra s’interposer entre lui et la réussite tant convoitée ?
Un drame aura lieu effectivement. Admirablement mis en scène et rythmé par des airs d’opéra de Puccini qui donnent à l’ensemble une teinte crépusculaire.
Ce film nous change du Woody Allen auquel nous sommes habitués sur certains points : tout d’abord, si le film est admirablement dialogué, il ne fourmille pas de mots d’auteur.
Pas de traits d’esprit et Chris, interprété par Jonathan Rhys-Meyers, est plus proche d’un Martin Landau jeune (en référence au personnage de Crimes et délits) que d’une pâle copie de Woody.
Pour la première fois de sa carrière, un film de Woody Allen dure plus de 2 heures. Et du coup, le réalisateur prend son temps : les saisons passent et la complexité des caractères s’approfondit.
Et puis le New-Yorkais ne nous avait pas habitué à des personnages à la libido aussi effrénée. Il y a du désir, des pulsions à vif. Voilà un film où vouloir quelqu’un signifie que l’on est presque en transe, hors de soi-même.
Cela étant dit, Londres tel qu’il est décrit, ressemble à un appendice de New-York où les castes sociales seraient moins étanches.
Quand Woody nous parle du désir de réussite des individus, prêts à tout pour asseoir leur position, il nous parle de la société de Tony Blair qui est une sœur de la société américaine contemporaine.
C’est une œuvre qui a du fond, du sens et qui vous entraîne dans sa spirale. Cela, à chaque vision ! ! !