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Jeudi 24 Mai 2012Art-scène

 Masques de Chine, rites magiques de Nuo

Masques de Chine, rites magiques de Nuo

Musée JACQUEMART-ANDRé

Jusqu’au 26.08.07 - Musée Jacquemart-André - 158, bd Haussmann - 75008 Paris

Et ta critique ?




Nous ne sommes pas familiers de la culture chinoise brassée par l’exposition des Masques Nuo mais leur impressionnante forme nous secoue.

 

Le musée Jacquemart-André se trouve à la lisière des beaux quartiers Parisiens,  non loin de la station Miromesnil, dans un hôtel particulier du plus bel effet. Pour accéder à l’exposition, il faut traverser un jardin et laisser crisser ses chaussures sur du gravier.

Ensuite, vous montez au premier étage et vous entrez dans trois salles relativement petites, aux murs tendus de noir, à l’éclairage uniquement conçu pour mettre en valeur les cent masques qui s’ y trouvent. Sur les murs, on peut lire des informations sur ces masques.

Ces textes nous informent que les masques Nuo servaient en Chine pour exorciser les démons. Ces cérémonies ont ensuite donné lieu à des processions mais également à des pièces de théâtre. Et puis, de l’exorcisme, ces masques ont vu leur signification évoluer vers la célébration des céréales et autres produits de la terre.

N’empèche… Dans ces trois salles obscures, ces masques redeviennent effrayants. Quand ils sont beaux, ils sont aussi d’une expressivité remarquable. Leurs traits sont parfois tordus et des crocs menaçants sortent de leurs bouches.

Bref, si vous avez des enfants en bas âge et si vous pensez qu’il s’agit d’une promenade du dimanche après-midi, vous risquez d’être déçu. Bébé va pleurer. Les masques reprennent leur fonction première et ont la même beauté rugueuse que les sculptures africaines qui fascinèrent Picasso ou Apollinaire.

Nous sommes vraiment dans une logique d’art premier.

Les salles ne sont pas immenses et nécessitent de chaque visiteur un certain recueillement. Les personnes qui évoquent ce qu’ils ressentent à voix haute, cassent l’ambiance en racontant des choses pas forcément intéressantes. Quand l’espace est aussi restreint, on a l’impression que des inconnus crachent dans votre bol de soupe.

Quand vous achetez votre ticket d’entrée à la caisse, une gentille hôtesse vous propose un livret de visite de 1 euro cinquante. Il est conseillé de vous en munir car il vous permettra de mieux appréhender une culture un peu lointaine.

Il est à noter que le jour de ma visite, une procession de touristes chinois passionnés par le fait que la France rende hommage à une partie de leur patrimoine, s’apprêtait à prendre d’assaut l’exposition. Cela m’a rappelé ces touristes américains qui viennent à Paris et se nourrissent au Mac Do, avant de boire un café au Starbuck.

Autrement dit, voyager c’est bien mais c’est encore mieux quand on retrouve ses repères à l’étranger.


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 12/06/2007