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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Maradona par Kusturica

Maradona par Kusturica

Emir KUSTURICA

Wild bunch - 28 mai 2008 - 1h35

Et ta critique ?




Footballeur, politicien, drogué, angélique, révolté et millionnaire, Diego Maradona, numéro dix de légende ne pouvait que passionner Kusturica, adepte du baroque et la démesure. Avec ce portrait, on est servi. Un peu trop.


Emir Kusturica aime en mettre plein la vue. Quand cela marche cela donne Underground ou Chat noir chat blanc, délires géniaux et musicaux qui ne peuvent que séduire. De son coté, Maradona aimait aussi en mettre plein les mirettes. Il a fait tourner en bourrique des gardiens de but et des défenses affolées.

Les deux hommes ont beaucoup de points communs. Kusturica est fan de Maradona et il cite ses films pour montrer l’influence du joueur argentin. Maradona pourrait être un personnage d’un film de Kusturica par toutes ses énormités et son humanité.

Le deux hommes s’estiment et le film est une longue succession de congratulations. Ce n’est pas vraiment un documentaire : c’est une rencontre entre deux personnalités décalées, illuminées et ombrageuses.

Pendant trois années, Kustu observe le retraité, le nez dans la schnouf et la tête dans la révolte contre le gouvernement Bush. En trois ans, le réalisateur découvre un gros névrosé border line, un militant consciencieux, un passionné rigolo de football et un ardent amoureux.

Maradona est insaisissable et son regard cache une folie qui peut devenir à chaque fois furieuse. On ne sait jamais ce qu’il va se passer. Certains de ses propos sont dignes de notre Van Damme préféré. Mais il a des éclairs de lucidité qui en disent beaucoup sur l’homme torturé.

Le film est à l’image du personnage : bordélique. Kusturica ne semble pas à l’aise dans le documentaire. Il se dévoue à filmer sa star dans tous les sens et toutes les situations. Fin cinéaste, il se limite ici à prendre de manière frontale la légende, sans recul ni grand idée de mise en scène.

Cela donne des passages croustillants mais tout cela semble anecdotique et très personnel. De beaux souvenirs de cinéaste un peu fatigué par les voyages en Argentine…


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 30/05/2008