Phénomène électro, Birdy Nam Nam égrainent leur son ébouriffant sur un disque très dancefloor. Parfait pour se défouler mais il faudra repasser plus tard pour la surprise !
Depuis quelques années, Birdy Nam Nam fait parler de lui pour ses concerts à huit bras. Quatre DJ font les petits malins avec leurs platines et les utilisent comme des instruments de musique.
Ils savent mettre le feu à une salle et enflamment le public avec un son ensorcelant, mêlant techniques et inspirations. Autant le dire : ils sont sacrement doués et ce nouvel album devrait les consacrer définitivement.
Le son est très français. Les samples sont tordus dans une ambiance un peu sombre, délicieusement binaire et entêtante jusqu’à l’hypnose. On plonge facilement dans cet univers de beats qui donnent la bougeotte.
Les amateurs vont pouvoir se défouler. Le rythme nous fait grimper sur des montagnes russes sonores. Les chansons étirent l’auditeur entre le funk et l’expérimental. Les morceaux sont réussis mais on n’en attendait pas moins de ces quatre dj de l’apocalypse.
Car finalement, ce disque laisse une drôle d’impression. BNN est un groupe attachant, partant d’un principe assez simple et généreux. Leur deuxième disque est étrangement sombre, un peu à la manière du premier opus de Justice (présent sur le disque d’ailleurs).
Ce second épisode est beaucoup moins hip hop et donc moins humain. Les spécialistes de la platine exécutent leurs titres sans âme. Ils le font avec un professionnalisme qui hélas ne surprend pas. En gros, c’est le son de la french touch, celui qui se vend très bien aux Etats Unis et au Japon.
L’invitation à la danse est tentante. Mais elle manque singulièrement d’originalité. Les bidouillages nous rappellent Daft Punk ou Justice. C’est calibré pour être vendu partout dans le Monde. A l’image de la pochette triste, BNN ne nous offre pas la même pêche que sur scène. Leur manuel est peut être trop technique et trop universel !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 06/02/2009