Un son résolument seventies pour déambuler en ville, le casque vissé sur la tête. Un disque idéal pour les amateurs d’errance urbaine !
Faisons la route à pied ! Voilà ce que demandent les membres du groupe Menahan street band, musiciens de Brooklyn. Prenons notre temps. Observons la rue et laissons nous avoir par le charme discret d’un bout de ville.
Pour cela, le groupe nous propose la musique idéale. L’esprit de Curtis Mayfield sommeillait donc du coté de Brooklyn. Les musiciens font appel à lui pour composer des morceaux sacrément chaloupés.
Ils ressuscitent une soul légèrement teintée d’afro-beats. Sans parole, les musiques évoquent les années 70 et toute sa mythologie. On imagine les pimps, les dealers, les décors crades de rue délaissée. Les chansons évoquent ces vestiges que l’on retrouve dans les séries de cette époque.
Les musiciens sont doués. Si le disque est enregistré dans la chambre du producteur Thomas Brenneck, l’ampleur du projet enveloppe l’auditeur. On pense souvent à Herbie Hancock. Il y a toujours une petite surprise dans cet hommage au jazz résolument funky. Les cuivres sont chaleureux ; le piano, capricieux et les riffs de guitare sont secs mais hypnotiques.
Make the road by walking explore ce style urbain et instrumental. Tentez l’expérience. Se promener en ville avec ce disque entre les oreilles est une belle expérience. On pense à une musique de film mais c’est bien plus. Il y a du cœur dans ce jazz old school.
Il accompagnera vos voyages en transports en commun. Par ses nuances, il vous poussera à observer les menus détails de la vie dans la rue. Vous vous étonnerez à regarder les choses d’une manière moins mécanique. Il apporte un charme nouveau à vos habitudes.
Un disque qui vous ouvre les yeux, avouez que c’est étonnant. C’est rare. Donc c’est précieux !