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Jeudi 24 Mai 2012Art-scène

 Magie Noire

Magie Noire

Laurent PONCELET et Théâtre OPHéLIA

Jusqu’au 11 décembre 2011 Théâtre de l'Epée de Bois - Cartoucherie 75012 Paris

Et ta critique ?




 

Treize ados brésiliens nés dans des favelas de Recife, rongés par la violence, expriment leur vécu entre percus, danse et théâtre.

 

"Magie Noire" a le mérite de ne pas laisser indifférent. Si nous n'avons pas spécialement accroché à ce mélange des genres, entre théâtre, musique et danse, la mise en scène de Laurent Poncelet a le mérite de présenter une approche contemporaine intéressante.  Lors d'un voyage en Amérique du Sud, l'homme de théâtre français a croisé l'ONG brésilienne "Pé No Chao" ("Les pieds sur terre") qui délivre dans la rue des ateliers avec percussions, capoeira, hip-hop... Le Grenoblois et son Ophélia Théâtre ne pouvaient pas laisser s'évaporer l'énergie déployée par 4 jeunes femmes et 9 garçons nés loin des planches.

 


Quarante heures d'improvisation entre l'artiste et les jeunes brésiliens ont été filmées. De retour dans l'Hexagone, Poncelet a théâtralisé leur histoire. Les ados ont approuvé et "Magie Noire" est née. Des personnages qui ne s'effondrent jamais, outrepassant la mort et les querelles de gangs. Des bonds de fou, des courses à travers les spectateurs de la Cartoucherie, des danses endiablées... Le mélange est sulfureux. Quand les percussions s'y mettent, le capharnaüm devient saisissant. Comme pour tenter de décrire l'aliénation du triptyque "violence-drogue-mort". Pour autant, le public ne tombe jamais dans la compassion. Preuve irréfutable de la dimension humaine qui a animé le processus créatif de cette pièce.

 

Les rires forcés d'un ado sont de trop. Certaines danses s'avèrent trop répétitives. 90 minutes avec des longueurs. Mais dans l'ensemble, "Magie Noire" a le mérite de poser des questions que l'Occident fantasme. La spirale infernale d'une jeunesse désoeuvrée frappe par son intensité. Les derniers mots projetés le long du mur font réfléchir le spectateur.  A méditer.


Thomas Delavergne

© Etat-critique.com - 09/12/2011