Magic est un Springsteen mineur mais comme son nom l’indique il a un effet magique donc majeur ! La plus nulle des chansons du Boss vaut toute la « carrière » d’Obispo, sans parler de Johnny.
Est-ce que Magic le dernier album de Bruce Springsteen est novateur et ouvre de nouvelles perspectives dans la musique américaine populaire ? Non.
Est-ce que cet album est bon et agréable à écouter ? Oui.
Cela étant dit, on pourrait considérer que le reste est bavardage. Premier album avec le E-Street band depuis The rising, Magic sonne comme des retrouvailles avec le groupe qui l’accompagne depuis le premier jour au mitan des années 70. Et quand vous retrouvez des vieux copains, vous êtes content et généralement, vous ne commencez pas la conversation en disant : « - Toi, mon vieux, tu as mauvaise mine ! »
Le groupe arrive sur cet album à une osmose simple et profonde que la production ne met pas suffisamment en valeur. Car la production est plus près du gros son que de la finesse ou même de l’harmonie qui régnait sur les Pete Seeger Sessions.
Quand à la voix du boss, rapée par 58 ans de vie active, elle est l’une des plus belles et profondes qui soient, une voix qui coule dans vos oreilles comme le miel ou le pur malt qui coule dans votre gorge. La voix du boss est inimitable et apporte à l’auditeur un sentiment de tristesse, de profondeur, d’humanité en un mot.
Springsteen s’adresse à cette partie de nous-mêmes qui cherche des raisons d’espérer et qui se raccroche à des croyances qu’elle sait obsolètes. Des fois, nous dit Bruce, il faut faire simple et beau en même temps. Admirer les filles dans les vêtements d’été et atteindre le jour prochain !
Toute parole est relativement vaine car les mots et la musique du Boss s’insinuent en nous, quels que soiet leurs lacunes. Au bout de la deuxième écoute, on se rend compte qu’on est attachés. On a juste envie d’écouter cet album encore et encore, jusqu’à plus soif.
Pourquoi ? Parce qu’il réveille en nous la mémoire des disques passés du guitariste le plus connu du New Jersey mais aussi parce que la rusticité de Springsteen nous fait penser à Verlaine
« La vie est là, simple et tranquille
Cette paisible rumeur là vient de la ville. »
Parce que le Rock c’est la poésie et nous, on aime bien la poésie. Finalement, c’est simple comme un battement de cœur. La poésie, c’est pas compliqué. Mais chut ! N’ébruitez pas çà ! Le gouvernement pourrait nous la retirer et le ministère de la culture nous en dégoûter.
un petit live in Yougstown ?
Philippe Sendek
© Etat-critique.com - 18/10/2007