Stéphane Marchand joue au distributeur de cartes machiavélique dans cette partie de poker macabre. On se laisse prendre au jeu.
San Francisco. Un saut à l’élastique qui tourne mal, un écrivain raté filmé à son insu en plein ébat avec une prostituée, un agent du FBI qui erre seul sur une scène de crime, une légiste enfermée dans un loft qui pratique des autopsies, cinq hommes séquestrés, la langue tranchée qui jouent au poker : voilà le point de départ de ce roman policier.
Un lien unit tous ces personnages, le Maestro. Il applique un plan, son plan et détient pouvoir de vie ou de mort sur chacun de ses sujets.
A première vue, c'est encore un énième livre policier avec sa série de meurtres, ses personnages maudits, son atmosphère épaisse et sombre comme il en tombe tous les ans. Certains sortent du lot, d autres, la grande majorité, n'ira pas au delà du cadre de l'achat familial.
Ici, on se prend tout de suite au jeu, saut à l'élastique, poker, jeux de dames, d'échecs. Le lecteur est pris au piège, incapable de s'identifier aux personnages, incapable aussi de s'empêcher de tourner les pages. Les chapitres sont courts, l'intrigue avance vite.
Il reste malgré tout une impression de «trop», une fois la lecture achevée. Dans ce roman dont l'action se déroule aux Etats-Unis, il y a des gays, des lesbiennes, des prostitués, des hétéros, un agent du FBI qui obéit d'entrée aux exigences d'un tueur dont il reçoit juste un texto...
Mais bon, ne boudons pas notre plaisir. Installez-vous confortablement et que la partie commence.
Sandrine Garnier
© Etat-critique.com - 07/11/2011