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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Ma vie n'est pas une comédie romantique

Ma vie n'est pas une comédie romantique

Marc GIBAJA

Avec Marie Gillain, Gilles Lellouche, Laurent Ournac et Philippe Lefevbre Studio canal – 19 décembre – 1h32

Et ta critique ?




Il semble un peu en retard, ce nouveau film sur un trentenaire refusant de faire le pas dans la vraie vie ! La citation à haute dose cache un manque d’originalité mais les comédiens sauvent les meubles… La routine dans la production française.


Gilles Lellouche est un second couteau qui a su se faire remarquer. Proche de la bande de Guillaume Canet, il fut même l’auteur de Narco, comédie inégale mais rigolote. Le comédien rode dans de nombreux succès et trouve dans ce film, un premier rôle qu’il assume pleinement.

Il réussit à interpréter un ours mal léché, au charme Chabalien, moins le physique monstrueux du joueur de rugby. Il joue néanmoins un éternel adolescent, largué par sa copine, dépressif et pas très agréable. Dans un supermarché, ce triste pigiste pour magazine de jeux vidéo retrouve son premier amour, une jeune femme, qui, elle, s’est mariée et a deux enfants.

La bourgeoise invite le déprimé à dîner et les ennuis commencent. Marc Gibaja connaît tous les trucs de la comédie romantique. Il cite copieusement le petit Meg Ryan illustré puisque son héros est fan. L’idée est amusante mais surtout elle empêche un peu d’originalité.

Marc Gibaja, auteur de La minute blonde, reste sagement dans les sentiers battus du genre. Il y a le piquant des acteurs pour faire la différence. Gilles Lellouche est donc parfait. Marie Gillain n’a plus besoin de prouver tout le charme qu’elle possède. Les seconds rôles sont joliment écrits. Les dialogues ne manquent pas de mordant.

Pourtant, le film ne décolle jamais vraiment. Il est trop sage, trop lissé, endormi comme la banlieue où se passe le film. Une fois de plus, la production française prouve sa difficulté à mettre du rythme dans ses fictions. Le film calque les grands thèmes de la comédie américaine mais avec la générosité d’un épisode de la série Navarro. C’est étrangement mou.

Les dialogues deviennent alors les rares fulgurances de cette comédie qui se veut piquante. On devine ici ou là des bonnes idées mais tout cela reste fade. Un peu comme la plupart des films sur les trentenaires incapables de grandir…


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 20/12/2007