Nouvelle chronique, nouveaux postulats!
=> Droit de parler de BD qui sont sorties il y a longtemps (comme de BD récentes, aussi...)
=> Droit de revenir sur un précédent avis
=> Droit de faire des thématiques.
On y va!
C'est la première fois que je délivre mes pensées sur internet, il se peut que je ne respecte ni les formes établies, ni les codes, ni rien...Que les internautes pratiquants ne deviennent pas intégristes et acceptent tous les défauts du présent article.
Je souhaite vous livrer mes réflexions sur 2 albums de Schuiten et Peeters parus voilà quelques années et qui me sont revenus à l'esprit, soit à la lecture des romans dont je parlerai, soit qu'en relisant ces albums. j'y ai trouvé des parallèles!
En effet,La Peste d'Albert Camus m'est souvent revenu à l'esprit lors de la lecture de La fièvre d'Urbicande. Le thème de l'injustice cher à Camus mis à part, il m'a semblé retrouver le même fond traité de 2 manières différentes. La peste entre un beau jour dans la ville et transforme les rapports sociaux, le regard des gens les uns sur les autres, dévoile les travers et les qualités de chacun.
Tout cela est formidablement bien retranscrit dans l'album de Schuiten et Peters. Comme dans La Peste, la chute est violente, je ne la dévoilerai pas pour préserver la virginité de la première lecture.
L'intérêt de l'album réside en plus dans sa beauté graphique, l'élégance de la ville qui y est dépeinte, ce côté Jules Verne. Le fait de pouvoir relire cet album de 1985 prouve que le jury d'Angoulême avait vu juste en le récompensant à l'époque . Donc, un album, à lire ou à relire avec autant de plaisir que j'ai pu en avoir (idem pour la Peste, bien entendu)!
Quant à la Tour, c'est un autre auteur qui m'a sauté aux yeux lorsque je l'ai découvert. Fictions de Jorge Luis Borges est un livre immense. Je ne suis pourtant pas amateur de nouvelles, mais je n'ai pu, depuis que je l'ai lu que le lire et le relire y découvrant quelque chose de nouveau à chaque fois.
Borges, par sa sience de la concision, que ce soit dans "Fictions" ou "Le livre des sables", nous offre des histoires qui donne à l'imagination des possibilités immenses. A la lecture de "Fictions", il y a une nouvelle sur laquelle, dès les premières lignes, je n'ai pu m'empêcher de mettre les images de La Tour, c'est celle qui s'intitule: "La bibliothèque de Babel".
Le récit de Peeters et les dessins de Schuiten nous donnent cette transcription de l'infini (entre parenthèse, Borges dans ce récit de 1951 conceptualise internet de façon prodigieuse!). La force des auteurs de la BD est d'avoir humaniser le propos au travers du personnage principal, absent dans "Fictions". Cet aspect, moins descriptif et plus humain fait la force de l'album.
Donc pour moi, ces 2 grands livres font écho à 2 grandes bédés et réciproquement. A lire dans l'ordre ou dans le désordre, ou ne lire que les livres ou que les bédés, c'est selon. En tout cas avec ces 2 albums, ma bédéthèque est vachement chouette.
Ervepe
© Etat-critique.com - 02/09/2011