Lovis Corinth, vous connaissez ?
Une affiche dans le métro. Comme quoi, c’est utile une affiche… Le métro aussi d’ailleurs, ne serait-ce que pour aller voir l’exposition proposée sur l’affiche. Lovis Corinth, vous connaissez ? Eh bien figurez-vous que ce peintre tout en puissance, carrure de Picasso, regard impérieux de Maître d’armes qui aurait troqué l’épée pour le pinceau tout en conservant l’énergie de l’attaque et la précision du coup, eh bien ce peintre-là, disais-je, est quasiment inconnu du public français ! C’est dire qu’il y a, pour le moins, matière à découverte.
Lovis Corinth était prussien, en France il fut l’élève de Bouguereau et il officia entre les années 1887, où il prit Lovis pour prénom, et 1925 où il se peint une ultime fois avant d’être emporté par une pneumonie.
Entre impressionnisme et expressionnisme dit le sous-titre de l’exposition. C’est tout à fait cela : l’art de Corinth est dans la tension entre ces deux mouvements, dans l’attention aussi et surtout envers les êtres de chair, de sang, envers la vie/la mort qui travaille les corps, le sien en particulier ; que d’autoportraits en effet ! Et jusqu’à la fin…
Quatre-vingt toiles belles et vigoureuses, du paysage de montagne aux thèmes religieux et mythologiques, violemment incarnés, que l’on retrouve encore dans les œuvres sur papier, une trentaine, si contemporaines…
L’influence de Lovis Corinth a été considérable jusqu’aujourd’hui. L’exposition reçoit ainsi une œuvre hommage composée par Anselm Kieffer. Nous sommes en pleine actualité. Allez le vérifier : cela se passe aujourd’hui au Musée d’Orsay jusqu’au 22 juin prochain, faites-vous violence, faites-vous plaisir ».
Gilbert Provaux
© Etat-critique.com - 30/04/2008