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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Love Gourou

Love Gourou

Marco SCHNABEL

Avec Mike Myers, Jessica Alba, Justin Timberlake et Verne Troyer Paramount - 17 septembre 2008 - 1h30

Et ta critique ?




On attendait le retour de Mike Myers depuis le dernier Austin Powers. Dommage que l’on reçoive si peu de ce gourou de l’amour qui s’inscrit pourtant dans la même veine comique.


La sphère du hockey est une maitresse bien cruelle. Buvant le sang de jeunes gens montés sur patins à glace, prêts à perdre leur râtelier pour lancer un petit objet cylindrique dans un filet, ce sport peu connu dans nos contrées régale les amateurs de violence indisciplinée.

Il s’agit du constat fait avec amertume par le joueur vedette d’une équipe américaine. À la suite de soucis conjugaux, il fait une splendide dépression qui le rend incapable de jouer. Il faut dire que son pire ennemi, un Canadien français, se tape sa femme. Cela fait toujours plaisir de voir que la Francophonie est prise pour cible dans les comédies américaines. Elle est incarnée par Justin Timberlake, pour tout dire.

Afin de le sortir de sa torpeur, on fait donc appel à un maitre spirituel indien qui a construit sa fortune sur du coaching pour Occidentaux en quête de vérité payée en trois fois sans frais. Ce dernier aura la délicate mission de réunir les deux cœurs qui se sont séparés afin que le mari puisse enfin retourner se foutre sur la tronche avec ses camarades en armure de polypropylène.

On ressent beaucoup l’esprit austinpoweresque tout au long du film. La présence de Verne Troyer est là pour le rappeler.

Malheureusement, c’est moins fin (si, si, c’est possible) et surtout beaucoup moins bon. On perçoit aussi l’influence de Peter Sellers (dans The Party), mais sans le talent.

Très peu inspiré, Mike Myers gesticule souvent dans le vide pour éviter de se sentir seul. On a même l’impression qu’il est le seul à comprendre ce qu’il fait pour faire rire. Et, dans le genre, il est très difficile à suivre. Les gags récurrents finissent par être lourds (bibliographie faussement spirituelle, diapositives copyrightées…) sans compter sur l’aspect scatologique obligatoire qui n’est pas vraiment synonyme de légèreté, comme on pouvait s’y attendre.

Entre des apparitions de stars empreintes de franche camaraderie qui n’apportent pas grand-chose et les minauderies d’une Jessica Alba qui contente d’être belle et de ricaner bêtement, seul notre gourou assure le spectacle. Le public français, qui ne bénéficiera pas de la profusion de jeu de mots intraduisibles, aura de quoi se sentir lésé devant une farce bien bancale à la sauce Bollywood difficile à digérer.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 16/09/2008