Le son manouche se fait désormais une place au soleil. Trois petits malins se font bronzer : des reprises de tubes ringards à la sauce tzigane. Arriviste et drôle.
Django Reinhardt est né à la mauvaise période : les guitares acrobatiques sont désormais à la mode. Le jazz manouche est très apprécié et inspire pas mal d’artistes. On ne citera que Thomas Dutronc, très friand du genre, car il est aussi celui qui en profite le plus.
The Lost Fingers vouent aussi un culte à Reinhardt. Le nom du groupe fait référence aux doigts perdus par l’artiste dans un incendie. Ces trois canadiens aiment le swing tzigane et le font savoir avec des reprises assez marrantes.
Car ils s’en prennent à des hits des années 80. Pump up the jam, gros machin rythmé qui avait démocratisé le (mauvais) rap devient une grande glissade pour guitares sautillantes.
Un rock de cette terrible décennie peut devenir une ballade chaloupée. Les fulgurances du top 50 sont transcendés par le style retro de la musique manouche. "Lost in the 80’s" réinterprète avec humour et technicité cette décennie pas toujours tendre avec les mélomanes.
On pensait pas que l’on taperait du pied avec plaisir, en écoutant Samantha Fox ou Imagination. On reprend le taxi avec Joe pour une direction beaucoup plus agréable que le tout premier trajet avec Vanessa Paradis.
L’idée est drôle pourtant on regrette que le trio de musiciens tombe en pleine période de compilations lounge comme les disques de Beatrice Ardisson ou Nouvelle Vague.
Comme eux, le disque de The Lost Fingers conserve une inconséquence par sa limite créatrice. Le disque sera parfait pour un apéritif entre amis. Mais on aurait aimé un peu plus de folie et de liberté.
Cependant le disque de reprises permettra aux musiciens de sortir de l’ombre. Le trio a toutes les chances d’amuser la galerie avec son talent et son charme propres au jazz manouche.
Le prochain disque est attendu avec une certaine curiosité…