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Jeudi 09 Février 2012Art-scène

 Looking for Mr Castang

Looking for Mr Castang

Edouard BAER

En tournée en France

Et ta critique ?




Looking for Mr Castang : deux  heures d’un délire poétique et foutraque, drôle et sans temps mort !


Luigi (incarné par Edouard Baer) est un comédien totalement mégalo et horriblement égoïste qui court désespérément après un producteur d’Hollywood avec lequel il doit signer un premier rôle. Entre la France et la Californie, Luigi subira mille et une embûches et fera de nombreux détours, tous plus délirants les uns que les autres. Luigi perdra la tête au cours de son voyage, au propre comme au figuré.

Le spectacle part dans tous les sens : les comédiens sont dans tous les coins de la scène et de la salle, les digressions sont la norme de la narration, et Edouard Baer est au centre de Looking for Mr Castang : tout tourne autour de lui, même lorsqu’il n’est pas là.

Heureusement d’ailleurs, car il est vraiment le moteur comique du spectacle. Il a convoqué (presque) tous ses amis et il met chacun d’eux, à tour de rôle, au premier plan. Il y a treize acteurs-chanteurs-musiciens sur scène, dont le sympathique et lunaire Atmen Kelif (ex-Deschiens), et tant d’autres personnages surréalistes (Indiana Monique, la fille d’Indiana Jones, le chien savant…).

Looking for Mr Castang est donc un joyeux bordel qui n’est pas sans rappeler l’excellent Centre de visionnage de l'émission Nulle part ailleurs sur Canal plus, des quasi-débuts du comédien (on peut trouver des vidéos sur Youtube).

Dans ce spectacle résolument extravagant, Edouard Baer est un peu le Monsieur Loyal d’un Cabaret calamiteux, qui annonce des numéros tous plus nuls les uns que les autres. Les trucs sont délibérément bidons, les effets sonores foireux, mais cette nullité crée une poésie surréaliste dans laquelle Edouard Baer nage comme un poisson dans l’eau. Les tours de prestidigitation d’Atmen Kelif, par exemple, sont vraiment à deux balles, mais ils participent de l’ambiance abracadabrantesque et dérisoirement poétique.

Ce spectacle de bric et de broc, un peu trop long sur la fin, enchante clairement les spectateurs qui ne peuvent s’empêcher de discuter à la sortie et de se remémorer les meilleurs moments de la représentation.


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 20/10/2008