Avec Steve Evets, Eric Cantona, Stephanie Bishop et John Henshaw - Diaphana - 27 mai 2009 - 1h59
Et ta critique ?
L'Angleterre joue son second match. Normal que le meilleur de ses réalisateurs se soit intéressé à cette passion typiquement british!
Au dernier festival de Cannes, les héros de la Croisette s’appelaient Johnny Hallyday ou Eric Cantona. Ca fait toujours bizarre et on peut réfléchir sur l’état du star système. Cependant les deux hommes avaient des films à défendre.
L’ancien attaquant de Manchester United joue et produit le nouveau film de Ken Loach, habitué du festival et lauréat de la Palme d’or avec Le vent se lève. Les fans de la star du football seront peut être déçus : il apparaît peu mais reste irrésistible. Cantona reste Cantona et l’homme se parodie avec des phrases définitives hilarantes.
La folie du personnage parle à Eric Bishop. Ce postier est au bout du rouleau. Il ne rigole plus aux blagues de ses amis. Il ne supporte plus la léthargie de ses deux enfants qui tombent doucement dans la délinquance. Il n’oublie pas son premier amour, Lily, à qui il a laissé une fille courageuse.
Comme un bon génie, Eric Cantona lui apparaît et représente la fierté et la volonté qui sommeillent en lui. Petit à petit il va reprendre confiance en lui et affronter le douloureux quotidien.
La culture populaire est donc célébré dans cette comédie un peu sombre mais finalement optimiste. Car Ken Loach ne change pas sa formule. L’image ne ménage pas le spectateur. On est proche du documentaire.
Loach n’a plus besoin de s’insurger contre la politique anglaise. Il préfère désormais s’intéresser à la solidarité qui existe entre le postier et ses collègues. Ils ne leur restent que cela. Même les stades sont devenus trop chers pour eux.
Moins hargneux, Loach fait preuve de tendresse. Son personnage aura même droit à un happy end (quelques espoirs d’un avenir un peu meilleur). L’auteur n’arrive jamais à faire dans la franche comédie. Il ne peut s’empêcher de dépeindre une réalité rude et désespérante.
Heureusement tout cela est raconté avec un humanisme inattaquable (et des comédiens aussi inconnus que parfaits). Le boulot est correctement exécuté. Le film est sans grande surprise mais offre un vrai plaisir, fait de chaleur et de foot.