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Jeudi 24 Mai 2012Musique

 London Town

London Town

Paul MC CARTNEY

(Parlophone/EMI - 1978)

Et ta critique ?




Tous les ans c’est pareil, dès que les beaux jours arrivent je me réécoute mes vieux disques des Wings...

Disques que je délaisse pourtant le reste de l’année au profit des dernières productions de groupes jugés tellement géniaux par mes contemporains qu’ils sont, à l’heure ou j’écris ces lignes, déjà oubliés. Il est vrai qu’à l’époque de sa sortie, Bernard Lenoir lui même, aujourd’hui chantre de la culture rock "indépendante", avait classé London Town parmi les meilleurs albums de l’année 1978.

De fait, London Town à l’instar des premiers enregistrements post-Beatles de McCartney est un véritable condensé de fraîcheur et de joie de vivre. Enregistré en 1978 aux Iles Vierges par un groupe en phase d’implosion, le guitariste Jimmy McCulloch et le batteur Joe English ayant quittés les sessions en cours de route, London Town est l’avant dernier disque de l’entité Wings, groupe avec lequel McCartney aura prouvé qu’une vie artistique et le succès commercial étaient possibles sans les Beatles.

Car si l’on peut reprocher à McCartney d’avoir manqué de créativité dans ses productions solos, nul besoin d’une étude approfondie de son œuvre pour reconnaître que le bassiste magique a toujours conservé sa grâce mélodique. Ainsi, London Town, album mineur de l’histoire de la pop music, contient à lui seul suffisamment de bons morceaux pour soutenir la comparaison avec n’importe quel disque pop moderne. Car bien que déséquilibré par des rocks un peu poussifs (I’ve had enough), voire totalement dispensables ( Name and adress), l’avant dernier Wings est, avec les superbes ballades Don’t let it bring you down, London Town, l’aérien With a little luck ainsi que le très réussi Cafe on the left bank, une véritable mine de diamants pop. Sans compter qu’il contient l’excellente ballade folk Deliver your children, soit le meilleur morceau du fidèle Denny Laine.

Au rayon des curiosités, l’incroyable morceau Morse Moose and the grey goose qui clôturait l’album original, ne peut que faire regretter le manque de folie et la trop grande retenue qui impriment les concerts actuels de Mc Cartney.

A noter enfin que la réédition de 1993 est agrémentée de Mull of Kintyre qui resta neuf semaines à la première place des classements de 45 tours britanniques, pulvérisant ainsi les records détenus par She loves you et Bohemian rhapsody.


Guillaume Lebouis

© Etat-critique.com - 03/08/2007