Après les Beatles, c’est au tour des Clash de sortir leur live au Shea Stadium. Souvenir exhumé d’une tournée américaine hypertrophiée en première partie des Who.
13 octobre 1982, David Johansen (ex-New York Dolls), The Clash et The Who sont à l’affiche du même concert géant programmé au Shea Stadium, l’antre des Mets, la franchise de base ball new yorkaise. Dans les gradins et sur la pelouse, 50 000 personnes se pressent d’abord pour le retour aux affaires des Who. Mais The Clash, qui a sorti son nouvel album, Combat rock, au printemps précédent, monte sur scène avec d’autres intentions que celles de simple faire-valoir. Forts de leurs premiers réels succès outre-Atlantique avec les singles Rock the casbah et Should I stay or should I go, ils prennent d’assaut un stadium survolté.
20h00 - 20h50. Les photos de Bob Gruen ont immortalisé les Clash devant le paper-board rappelant, dans les loges, le “show running order” qu’ils sont tenus de respecter. Cinquante minutes pour prouver aux yankees que The Clash peut enflammer un stade comme il enflamme depuis des années les salles d’Europe et d’ailleurs.
Le temps pour Kosmo Vinyl, leur complice et manager, de les annoncer et Joe Strummer, Mick Jones, Paul Simonon et Terry Chimes (qui a remplacé, quelques semaines plus tôt un Topper Headon miné par ses problèmes de drogue) attaquent leur emblématique London calling, hymne d’une génération, mille fois éructé. Suivent dans la foulée un passage de témoin courtois qui donne successivement le micro à Mick Jones pour un Police on my back enlevé, puis à Paul Simonon pour ses Guns of Brixton offerts en douloureuse pâture au bassiste de devoir (comme les Stones laissent Keith Richards massacrer scrupuleusement un ou deux titres à chaque concert !).
La suite, comme toujours dans ce genre d’exercice, consiste à envoyer un maximum d’énergie et de titres connus à un public qui n’en demandait pas tant. Bien sûr les deux tubes du moment, mais également quelques morceaux de bravoure - parmi lesquels les sublimissimes Tommy gun, Train in vain ou Clampdown - pour finir en beauté avec I fought the law balancé à train d’enfer.
Beau souvenir exhumé par Sony, ce live restitue largement l’enthousiasme frondeur que Joe Strummer et ses acolytes produisaient sur scène. Même si les conditions du concert n’étaient celles qui convenaient le mieux au quatuor - surdimensionnement de la salle, éloignement du public, timing réduit au minimum - l’enregistrement constitue une “pièce à conviction” pour les plus jeunes... et une belle madeleine pour les plus vieux !
Joël Fompérie
© Etat-critique.com - 03/11/2008