The director's cut
Un film de Adrian Maben
(Universal Pictures - 1971/2003)
Et ta critique ?
La mort de la musique rock filmée façon 2001 : l’Odyssée de l’espace, le temps de l’enregistrement d’un documentaire sur un groupe qui de l’aveu même de son célèbre guitariste David Gilmour ne s’était pas encore trouvé.
Encouragé par la qualité du classic album consacré à The Dark Side of The Moon, j’ai commis l’irréparable erreur de me précipiter sur la réédition de ce "live at Pompeï" que vénèrent encore aujourd’hui les fans les plus aveugles des Pink Floyd.
Que dire sinon que ce concert justifie à lui seul la nomination des Pink Floyd parmi les 40 pires groupes rock de tous les temps par le magazine Rock & Folk ? En effet, avec ce concert soporifique et insupportable de prétention, les Floyd illustrent à merveille l’inutilité rock, le néant musical.
Seul Nick Mason, batteur totalement dément et mésestimé, parvient par moments à maintenir l’amateur rock éveillé. Mais les performances de cet artificier des fûts ne peuvent justifier à elles seules l’accession de ce live at Pompeï au rang de concert culte.
Certes, la réalisation impeccable d’Adrian Maben, un peu trop calquée il est vrai sur celle de Kubrick période "2001 : l’Odyssée de l’espace", peut tromper les gogos abreuvés de plantes hallucinogènes et ceux qui confondent émotion musicale avec encyclopédie du gros son. Culte du son qui rapproche nombre de fans des Floyd, des Tranxen 200 groupe pastiche imaginé par les Inconnus.
Sauf qu’avec les Floyd, point de second degré, on n’est pas là pour rigoler. Les Floyd ne sont pas là pour bredouiller des chansons aux structures conventionnelles, ce groupe fait de l’art, soit des morceaux de près de 10 minutes, privés de toute mélodie et autres facilités musicales.
Il suffit de voir la suffisance imbécile avec laquelle Roger Waters répond aux questions qui lui sont posées dans ce documentaire pour comprendre à quel point ce groupe avait une haute impression de son "art".
Pourtant, taper comme une brute sur un gong, exécuter des solos de guitares tous plus pénibles les uns que les autres, ou faire hurler un chien le temps d’un blues sans intérêt, ne suffisent pas à faire des Pink Floyd un groupe d’avant-garde. Heureusement, les près de quarante ans qui nous séparent de ce concert permettent de le cataloguer au rang de coquille vide avant-gardiste. Vide mais affreusement sonore, contrairement aux espaces vides imaginés par Yoko Ono qui avaient le mérite d’être silencieux.
Seule véritable consolation, les trop courtes images des studios Abbey Road et notamment des cantines, permettent d’imaginer les moments magiques et féconds qu’ont pu vivre quelques années plus tôt les Beatles dans ces mêmes lieux.