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Jeudi 24 Mai 2012Musique

 Like love lust and the open halls of the soul

Like love lust and the open halls of the soul

Jesse SYKES et THE SWEET HEREAFTER

(Fargo – 2007)

Et ta critique ?




Troisième album d’une chanteuse qui aime l’aventure, Like love lust and the open halls of the soul est une oeuvre envoûtante qui s’apparente à une visite sombre de l’Amérique. La ballade vaut vraiment le détour !


A la première écoute, on a du mal à y croire. Trop vieux, le père Neil Young s’est mis à écrire pour d’autres ! En fait, non : Jesse Sykes, issue de Seattle comme Nirvana, est une héritière du loner et elle possède toute sa richesse.

Jesse Sykes aime les guitares tranchantes. Le ton est généralement roots et chaque morceau suggère un décor rural de l’Amérique profonde. Au milieu de cette nature ambiguë, la chanteuse et son groupe imposent des guitares parfois bien énervées qui viennent idéalement briser ces images d’Epinal.

On entend aussi des harmonicas mélancoliques et des rythmes piétinants qui sembleraient venir de l’esprit électrique du Crazy Horse. L’ombre de Neil Young est omniprésente sur cet album mais cela n’assombrit pas l’ensemble.

Jesse Sykes ne copie pas. Son rock est nerveux et parfois incandescent. Ca éructe au bon moment. Cela se la joue country joyeuse quand il le faut. Ca se love dans un rythme folk avec une intelligente précision. Le disque cherche un équilibre entre tradition et originalité.

La plupart du temps, la jeune femme et ses musiciens y parviennent. Quelques morceaux traînent en longueur. Mais c’est assez dérisoire devant la force d’évocation de cet album au titre un poil longuet lui aussi.

L’Amérique avec toutes ses mythes et ses bizarreries s’invitent sur ce disque protéiforme où l’on est charmé par la voix androgyne de Jesse Sykes. Le disque a la bonne idée de piocher dans plusieurs genres américains et le spleen apparent cache finalement une belle énergie rock’n’roll. Avec l’énergie du désespoir, Jesse Sykes et ses camarades envoient un émoustillant message d’Amérique. Ce n’est pas dans l’habitude des français, mais il faut reconnaître qu’il y a de sacrés bonnes choses de l’autre coté de l’Atlantique !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 15/06/2007