Avec Allison Janney, Michael Lerner, Shirley Henderson et Cirian Hinds - Le Pacte - 28 avril 2010 - 1h31
Et ta critique ?
Qu'est ce que la normalité? Peut on pardonner? Faut il oublier le passé? Todd Solondz continue de s'interroger sur ses contemporains. Ca fait mal
Todd Solondz n'aime pas les gens. Il faut le savoir: ce petit être chétif, nom reconnu du cinéma indépendant ne supporte pas l'hypocrisie de l'american way of life.
Dans chaque film, il règle ses comptes avec la médiocrité des Américains, petits êtres apeurés et dangereux selon lui. L'humour est noir et froid. C'est un mélange improbable d'Harvey Pekar, l'auteur d'American Splendor et Woody Allen. Todd Solondz raconte des histoires d'une violence inouïe avec un sens de la mise en scène précis et impitoyable.
C'est souvent ce qui sauve ses films: ce qu'il filme est dur et seul une réalisation intelligente permet de supporter le spectacle de la bêtise la plus ordinaire. C'était le cas de Happiness qui suivait le destin tragique de trois soeurs .
Elles reviennent ici. Ce ne sont pas les mêmes comédiennes mais on retrouve leurs silhouettes abimées par la vie. Dix ans plus tard les choses ne vont pas mieux. Joy est toujours accros à des types bizarres. Trish tente d'oublier son ex mari pédophile, qui vient de sortir de prison. Helen n'est qu'une névrosée de plus dans le milieu littéraire.
Les hommes sont horribles et les femmes ne sont pas vraiment des victimes de la masculinité: ce sont des idiotes. Les vraies victimes, ce sont les mômes complètement paumés face à un monde d'adultes bien azimuté.
Les scènes sont assez lentes mais cinglantes. Solondz dézingue justement la normalité. Il prend son temps et fabrique une ambiance électrique et déroutante.
On ne sait pas trop quoi penser de cette méchanceté. Pour lui, c'est une forme de clairvoyance mais pour le spectateur, c'est difficile de s'attacher à des tarés de tout poil. Pourtant le film a le mérite d'exister: tant de haine, pourtant poli, ce n'est pas tous les jours que l'on peut voir ca sur un écran!