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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Liberté Oléron

Liberté Oléron

Bruno PODALYDèS

Avec Denis Podalydès, Guilaine Londez, Patrick Pineau et Bruno Podalydès - Studio canal - 21 juin 2001 - 1h50

Et ta critique ?




Aujourd'hui, un rayon de soleil qui sent bon les vacances et la liberté! Bonnes fêtes!


Jacques est un brave papa. Il emmène ses quatre enfants au bord de la mer ainsi que son épouse, courageuse et enthousiaste. Jacques gère sa petite troupe comme un chef. Il assure l'intendance et le moindre désir de ses garçons.

Pourtant, cette année, Jacques veut faire une folie. S'offrir un beau bateau! L'achat est conséquent et il ne se rend pas bien compte du vent de révolution qu'il va faire souffler sur sa petite tribu.

Car Jacques finira le film dans un triste état. Le sympathique père aux allures de Jacques Tati fluet va devenir un monstre d'égoïsme et un tyran soudain.

Denis et Bruno Podalydès imaginent un délicat film de vacances qui se transforme en jeu de massacre, avec en cible préféré: le père. Ce pauvre homme, parfaitement interprété par Denis Podalydès, va voir son univers s'écrouler.

La figure du père s'émiette lorsqu'on le découvre plaisancier sinistre, idiot et envieux. Tout en finesse, le réalisateur explore cette paternité meurtrie. Les petites frustrations de chacun des membres de la famille vont soulever une vraie tempête.

Les enfants sont finalement des moussaillons qui finissent par comprendre les faiblesses du capitaine. Le constat est douloureux mais le traitement est drôle.

Comme la famille deJacques, on profite du soleil, de la mer, de ses instants de farniente, de rire et de plaisir qui font le charme des vacances.

Podalydès, avec les moyens du bord, offre un séjour burlesque. L'élégance de son premier film a laissé place un aspect bricolé un peu déconcertant mais finalement plaisant.

Car son film est une vision vacharde de la liberté. Elle est souvent glorifiée mais elle a un prix. Que chacun doit payer. Le divertissement cache une part amère mais toujours tendre. Comme des vraies vacances, on est très triste de partir lorsqu'il faut revenir à la dure réalité.



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 24/12/2011