Plaisir honteux de trentenaire ! Il n’y a pas mieux que cette affirmation pour débuter une chronique sur le second album de Velvet Revolver. Sans surprise, ce disque ressuscite le bon gros rock blues des années 90. Nostalgie quand tu nous tiens !
Nirvana, Pearl Jam, Metallica, Faith no More, Red Hot, Soundgarden ou Rage against the Machine, voilà quelques uns des noms des groupes qui ont bercé le début des années 90. A cette époque le rock pur et dur remplissait les stades. Et parmi eux, se trouvait les grandiloquents Guns’n’roses et les psychédéliques Stone temple Pilot.
Le temps est passé. Les groupes se sont séparés et de temps en temps, les membres de ces deux groupes donnent de leurs nouvelles. Mais le plus souvent, on les trouve dans les tabloïds pour divers excès prohibés, ou sur des albums moroses.
Il y a deux ans, Slash, Duff mcKagan et Matt Sorum décident de se retrouver et recrute le chanteur de Stone temple pilot pour créer un supergroupe qui sent bon la poussière et le bourbon. Le résultat fut moyennement apprécié malgré quelques éclats qui rappelaient leur gloire passée.
Libertad se révèle un disque plus abouti. Les titres sont joués avec une rage et une sincérité qui font franchement plaisir à entendre. Slash, guitar hero renoue avec ses solos héroïques mais en parfait accord avec des morceaux au carburant surpuissant.
Bien entendu, tout ceci n’est pas très raffiné et c’est même assez grotesque. Mais quand on a grandi avec ce son électrique et musclé, ce retour des briscards en cuir réveille une douce nostalgie.
Ici ou là, il y des fautes de goût qui font tiquer. Deux ou trois morceaux sentent mauvais le hard FM mais la basse de McKagan retrouve sa force primaire. Matt Sorum n’avait pas tapé avec autant de virtuosité sur ses peaux. La voix de Scott Weiland arrive enfin à se marier idéalement avec ce trio ravageur où s’additionne le guitariste discret Dave Kushner.
Les titres rebondissent sur les souvenirs. On remonterait bien sur son lit pour réaliser un solo sur une guitare imaginaire. On s’imagine la folle course sur une scène géante dans les stades. C’est un rock lourd mais sacrément bondissant, marqué par les Rolling Stones période Exile on main street.
Le disque ne révolutionnera jamais le rock qui sent des dessous de bras. Il retrouve les vertus d’un rock débridé. La toxicité des débuts a disparu. Si nos vieux héros sont désormais libres, ils ne sont pas éternels.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 23/08/2007