Les tribute-bands se hasardent enfin en France. Etat-Critique se devait de couvrir le 17ème concert de la tournée européenne de Lez Zeppelin, quatuor de new-yorkaises folles de rock-fort et de ballons dirigeables...
Qu’on le veuille ou non, la copie est un art difficile qui ne jouit pas nécessairement d’une très bonne presse ou image si l’on en croit le temps qu’il aura fallu au premier Tribute band de renom du « Lourd Dirigeable » pour se rendre enfin sur nos terres.
Alors qu’ils connaissent un véritable succès outre manche et outre Atlantique, preuve en est la cohorte de combos Xerox qui y fleurissent (Whole Lotta Led, Letz Zep, Heartbreaker, Close too heaven, Led Zepplica rien que pour Led Zeppelin), seul The Musical Box, clone de feu Genesis de la grande époque a su tirer son épingle du jeu en France.
Les questions en filigrane lors d’une telle manifestation sont nombreuses : vient-on admirer la copie ou essayer de retrouver l’original ? S’y rend-t-on plus par nostalgie que par véritable envie ? Est-ce réellement rendre hommage à des groupes de légende que de pousser le mimétisme jusqu’à s’habiller de la même manière, d’utiliser le même décor de scène, de jouer sur les mêmes instruments ?
Ma réponse est catégorique : il n’y a pas de mal à se faire du bien si toutefois c’est interprété dans l’esprit et non pas obligatoirement « note pour note » !
Lez Zeppelin, l’a très bien compris, en repoussant d’emblée le carcan des comparaisons faciles et disgracieuses. Le fait qu’elles appartiennent en effet à la gente féminine leur permet d’éviter tous les travers rencontrés par leurs concurrents du genre : « il est moins velu du torse que Robert Plant » ou bien encore « la batteur descend moins bien les vodkas que Bonzo Bonham ».
La seule petite inquiétude résidait dans le choix du répertoire. Le doute fut d’emblée levé avec une entame "Immigrant song", "Custard Pie" et cette pépite de "What is and what should never be" du 2ème album. La veine bluesy se poursuivit avec de splendides interprétations du "Babe I’m gonna leave you" et de "Good times Bad times" de l’album éponyme. Houses of the holy, album quelque peu décrié à sa sortie, ne fut pas oublié. En attestent les reprises de « the Ocean » et de "Over the hills and far away". Le set se poursuivit dans une atmosphère plus plombée avec une triplette rageuse "Communication breakdown", "Ramble on" et l’incontournable "Whole lotta love" qui permit à Sarah et Steph de dialoguer de cordes vocales à Gibson.
Le groupe revint pour interpréter à la grande joie de la centaine de présents pas moins de 5 rappels dont un "Rock ‘N’ Roll" salvateur, suivi d’un " Black dog" introduit par les premiers mesures de "Heartbreaker" comme le faisaient leurs devanciers. « Ten years gone » extrait de Physical Graffiti constitua à mon le zénith du concert. Le set s’acheva par un enchaînement "Heartbreaker" et "Dazed and confused" où l’archet de Steph fit des merveilles. Au final, aucune faute de goût ne vint ponctuer cette première apparition parisienne.
Reste à attendre leur première galette qui vient d’être enregistrée dans le mythique Electric Lady studio de New-York avec Eddie Kramer (Led Zeppelin, Hendrix, Kiss) himself aux manettes.
A vous les studios, à vous Cognacq-Jay !
Stéphane Muller
© Etat-critique.com - 26/03/2007