Julien Prévieux publie dans ce
recueil une centaine de Lettres de non-motivation, en réponse à
des annonces parues dans la presse, où il expose toutes les
bonnes raisons qui le poussent à refuser les emplois proposés.
Après avoir vainement cherché du
travail, Julien Prévieux a décidé de ne plus jouer le jeu et de refuser les
emplois avant que ceux-ci ne lui soient refusés ! Dans ce recueil, en face de chaque annonce est
publiée la lettre de non-motivation, ainsi que la réponse de
l’entreprise !
A chaque annonce Julien Prévieux a
trouvé une bonne raison de refuser l’emploi : ces raisons sont très
diverses, souvent cocasses, voire carrément tirées par les cheveux… Chaque lettre
de non-motivation est un petit bijou d’humour et
d’imagination.
Une fois il se présente
comme un retraité depuis 18 ans soucieux de ne plus peser sur le système de
retraite et donc prêt à reprendre un travail... mais dont les capacités de marche
ne lui permettent pas d’accepter l’emploi de technicien électronique situé trop
loin de chez lui…
En réponse à une autre annonce, il explique
qu’il vient d’un futur qui résout ses problèmes de chômage en envoyant les gens
travailler dans le passé... mais que bien que tout à fait qualifié pour l’emploi proposé, il se voit
contraint de refuser car la machine à remonter le temps est
cassée…
A une annonce de Bouygues Telecom
qui a pour accroche "La génération Bouygues Telecom rassemble ceux qui
veulent vivre leur projet avec intensité", il répond : "Vous
estimez peut-être créer une génération, mais réfléchissez plutôt au sens des
mots. Après la génération 68, la génération X… la génération Bouygues
Telecom ! Comment ne pas sourire en imaginant des individus formatés par un
groupe vendant des téléphones…"
A une autre annonce proposant un
poste d’administrateur de base de données, il répond en jurant qu’il n’a jamais rien fait de
mal, pas tué, pas volé, qu’il aime les animaux et il se demande pourquoi cette
entreprise veut le punir aux travaux forcés sur des bases de données. Le
supplice lui paraissant démesuré par rapport à ses minuscules erreurs, il conclut : "Je vous en
prie, ne m’embauchez pas."
A la plupart de ses lettres, Julien
Prévieux reçoit une réponse standardisée lui expliquant que sa candidature a été
examinée avec beaucoup d’intérêt et que malheureusement… Ces réponses dénuées d’humour, qui
prouvent s’il en était besoin que les lettres de motivation servent un marché de
dupes et ne sont la plupart du temps pas lues, dénoncent mieux l’absurdité du
système que n’importe quel grand discours !
En lisant ces Lettres de
non-motivation, on aimerait bien embaucher Julien Prévieux, car avec lui la vie
doit être moins terne !
Véronique Cazaubiel
© Etat-critique.com - 25/11/2008