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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Let's make money

Let's make money

Erwin WAGENHOFER

Ad vitam - 15 avril 2009 - 1h45

Et ta critique ?




Après l’agro-alimentaire, Erwin Wagenhofer, l’auteur de We feed the world, cherche des réponses sur le capitalisme actuel. Elles sont cinglantes !


Décidément les Autrichiens aiment les sujets polémiques. L’école du documentaire dans ce pays aime beaucoup affronter des questions difficiles et chatouiller les polémiques. On ne va pas s’en plaindre d’autant que les réalisateurs ont la bonne idée de faire du cinéma en même temps.

Après We feed the world et Notre pain quotidien, l’Autriche offre un nouveau documentaire sur un sujet à la lourde actualité : la finance mondiale ! Evidemment le cinéaste Erwin Wagenhofer pourfend les inégalités de nos sociétés.

Cependant son film montre les deux parties. Ceux qui, au nom de la liberté, veulent dégager un maximum de profits. Ceux qui dans les régions les plus démunies, doivent travailler pour quelques centimes dans des conditions épouvantables. Le cynisme et la révolte se confrontent dans des discours entendus et désespérants.

Le tiers monde s’endette. Des sociétés cachent leur pactole dans des paradis fiscaux (excellente visite de l’île de Jersey). Les individus trinquent. Des champs de coton aux chantiers en Inde, les hommes semblent asservis à la cupidité d’un système qu’acceptent les exécutants et les décideurs.

Le film est dense. Erwin Wagenhofer cherche et trouve de nombreuses absurdités. Cela montre la complexité du problème (qui depuis s’est aggravé avec la crise mondiale). Cela offre des spectacles ahurissants, des vrais sujets de cinéma.

On se souviendra par exemple de toute la partie consacrée au littoral espagnol. Là-bas, on y construit des complexes hôteliers et des villas de luxe pour rien. Ou plutôt pour arranger la fiscalité de certains fonds de pension ou de retraite. En plans aériens, on découvre des villes fantômes et des chantiers laissés à l’abandon.

Les sacrifices se multiplient sur la planète. L’éthique et la pollution sont étrangers aux investisseurs les plus coriaces. Le constat est douloureux. La crise semblait inévitable tant on sent que cela tire de tous les cotés. Tout le monde tire la langue. Il a beau être question de richesses dans Let’s make money, l’auteur donne à voir la pauvreté de l’humanité. Une contradiction mise en lumière avec talent par ce documentaire salutaire.




Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 24/04/2009