Plus les problèmes s’accumulent pour Joe Flood, plus son histoire devient drôle. En Irlande, le sens de l’humour et les pintes de bière font bon ménage. À votre santé !
Damien Owens, l’auteur des Trottoirs de Dublin (Dead cat bounce en version originale) est né en Irlande en 1971. Au-delà des étapes obligatoires de sa vie (il a fait des études, des petits boulots et maintenant il vit de sa plume), on ne sait pas grand-chose de lui. Et ce malgré des recherches sur Internet qui feraient passer Sherlock Holmes pour un dilettante.
Et cela est bien dommage car, à la lecture de ce roman, Damien Owens est devenu notre ami, notre copain, notre pote. Et rien ne nous ferait plus plaisir que de lui téléphoner pour aller boire une bière dans un pub enfumé. Ce gars-là nous touche, nous émeut. On a envie de discuter avec lui jusqu’aux petites heures de la nuit. Garçon une autre pinte de bière !
Les filles ont fait un succès planétaire au Journal de Bridget Jones. Elles ont transformé un bouquin sympa en phénomène de société. Franchement, je me demande pourquoi le même miracle ne s’est pas produit avec Les trottoirs de Dublin et son personnage principal Joe Flood. Un type emblématique des célibataires entre 25 et 35 ans.
Joe travaille dans les Relations Publiques. Il s’occupe de journaux d’entreprise, mais il est mal à l’aise dans cet univers de requins yuppies et n’a aucune volonté de carriérisme. Il reporte tous ses rêves de gloire dans l’écriture d’un scénario pour Hollywood.
Joe apprend que l’entreprise dont il supervise le journal interne est menacée de fermeture. Dans cette entreprise, travaille la "fille au cul d’enfer" qui a cassé le nez d’un copain de Joe dans un pub alors le dit copain tenait des propos sexistes sur les filles en général.
Comme si Joe n’en avait pas assez sur le dos, sa mère l’appelle en larmes et lui demande de revenir de toute urgence au village natal. Sa sœur est enceinte et le père ne veut pas reconnaître l’enfant. Joe doit prendre la place de son père décédé et devenir l’homme de la famille.
Ce roman est écrit à la va comme je te pousse. Il n’y a pas de style à proprement parler mais quantité de verve et de gouaille. L’art de faire rire de choses pas forcément tordantes : qu’il s’agisse des contraintes du monde du travail où l’on doit être compétitif et sans scrupules ou qu’il s’agisse d’une famille engoncée dans une morale religieuse étouffante.
Il s’avère que ce roman sans prétention se lit d’une traite et qu’il vous donnera plus de plaisir que bien des pavés qui mettent 500 pages à vous déprimer. Faire rire permet de faire réfléchir. On attend avec impatience le prochain roman de notre copain Damien et pourvu que nous soyons de plus en plus nombreux à l’attendre !
Philippe Sendek
© Etat-critique.com - 05/05/2009