Après moult comics et autres produits dérivés, les tortues pizzaphages rompues aux arts martiaux nous reviennent dans un film d’animation en profitant de la mode des super héros au cinéma. Ni original, ni exceptionnel, cet opus satisfera sans doute le public qui ne cherche qu’à se divertir.
Tout commence par une voix d’outre tombe qui resitue superficiellement l’histoire dans son contexte. Pas très utile mais passons. On se retrouve alors trois millénaires en arrière pour apprendre qu’un grand guerrier assoiffé de pouvoir a libéré une cohorte de méchantes bestioles à travers une faille dimensionnelle. De retour dans le présent, on atterrit en pleine jungle sud-américaine où l’on croise l’une des tortues en quête spirituelle afin de travailler ses qualités de meneur d’homme (enfin de tortues). Tout ça en moins de cinq minutes, c’est dire si l’histoire avance vite.
Ce sentiment de précipitation dominera partiellement l’intrigue pour les plus grand plaisir des amateurs d’action de boulevard. En cela, la réussite est totale : les faiblesses du scénario ou la platitude des personnages est noyée dans un tourbillon d’images qui défilent à grande vitesse. Les diverses séquences amèneront le spectateur à l’inévitable conclusion du récit, à savoir la victoire de l’amphibien sur le mal dans un final tchekhovien, auprès duquel je m’excuse pour cette analogie teintée d’ironie. La morale et le sens de la fratrie n’arrivent pas non plus à s’imposer dans l’ensemble mais ce n’est pas vraiment ce que l’on attend en fin de compte.
Pour un premier film, on doit reconnaître à Kevin Munroe le sens de la mise en scène et de l’entertainement à la sauce Hollywood. L’équipe technique n’est pas en reste avec un rendu très agréable quand il s’agit de représenter des anthropomorphes et de les mettre en mouvement. Les humains par contre sont incroyablement inexpressifs, sans doute à cause de leur design anguleux et leur inutilité dans l’intrigue. On n’échappera malheureusement pas à une playlist convenue de punk rock californien bas de gamme, formatée pour la seule sortie de la bande originale en CD, ce qui n’apporte finalement pas de valeur ajoutée au long-métrage.
Echappant de justesse à la vaine exploitation mercantile, TMNT se déguste comme une boisson gazeuse aux extraits végétaux de couleur noire bien fraîche, elle étanche la soif sans laisser d’arrière goût avec tout ce que cela présente comme avantages… et comme inconvénients. Avouons le pour les moins fines bouches, c’est tout de même plus distrayant et productif que de rester planté devant son vivarium en attendant que son chélonien préféré fasse un triple salto arrière.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 11/04/2007