On stoppe notre semaine sur les chanteurs qui agacent ! On finit sur une touche féminine : Rose se plaint souvent mais avec un talent certain.
Rose c’est la bonne copine qui se plaint tout le temps. Vous l’imaginez à l’heure de l’apéro sur une terrasse d’un café parisien. Entre son verre de Merlot et ses cigarettes, rien ne va dans son job, sa vie sentimentale et se demande pourquoi elle a pris un crédit pour un appartement qui ne peut pas accueillir une famille.
En faisant "Une liste", Rose a prouvé qu’elle était une trentenaire moderne et futée. La musique n’était pas extraordinaire mais la jeune femme a une vision doucement ironique de l’existence. Avec un peu d’humour, on pardonne tout.
Marrante mais mélancolique, Rose réussissait un premier album, un joli succès et tournait joliment autour de son nombril. Elle s’est facilement placée en tête du peloton féminin devant Anaïs, Jeanne Cherhal et quelques autres chanteuses joyeusement blasées à trente ans.
Derrière son look de midinette, Rose cache une personnalité attachante et drôle. Elle a donc une frange ; elle a aussi une vie d’où elle tire des mélodies tendres mais pas mièvres.
Au début, il y a des raisons de s’inquiéter : elle chantonne des souvenirs personnels et on a bien peur de tomber dans la nostalgie d’Epinal, avec l’image chaleureuse des grands parents et les difficiles rapports avec les parents.
Heureusement l’ancienne institutrice ne tombe pas (trop) dans les conventions. Ses chansons multiplient les points de vue. Elle s’arrache à son nombril pour observer son époque et les autres (avec quelques pics pour les politiciens). Elle regrette l’espoir de l’adolescence, le réconfort de l’enfance et s’indigne de nombreuses désillusions.
Ce n’est pas nouveau mais la voix légèrement cassée nous berce et la musique acoustique est agréable. Elle a un charme évident et son disque, sans surprendre, offre un moment simple, drôle et doux.
Ses souvenirs ne font pas d’elle une radoteuse. Elle a beau se plaindre, Rose a le contact facile et elle reste une bonne copine qu’on aime entendre.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 01/11/2009