Ecrivain et journaliste, Alain Rémond décrit le périple d’un nègre dans le milieu de l’édition et de son ami d’enfance, critique littéraire, à la recherche d’un romancier qui hante leurs vies. Santenac a écrit trois livres avant de disparaître. Jusqu’au jour où…
Des Parisiens pure souche partant sur un coup de tête après qu’un libraire de l’Aveyron ait cru revoir le fameux Santenac. Rien de bien original. D’autant qu’Alain Rémond aurait pu très vite tomber dans le clicheton. L’auteur évitera cet écueil, et in fine on se prend de sympathie pour son héros au fond humaniste.
Comment ne pas s’impatienter de savoir si Jérôme, nègre qui déteste réécrire les livres d’un best-seller répondant au nom de Bannister, et son ami vont réussir à retrouver celui qui leur a donné goût à la littérature en Terminale. Il aurait peut-être mieux fallu ne jamais le rencontrer ce héros. C’est connu, la représentation fantaisiste a rarement à voir avec la réalité.
“J’aurais adoré avoir un père” explique Jérôme. L’intéressé se l’inventera au travers des livres de son héros. Pas gnan-gnan pour un sou, ce roman démontre à qui en douterait le poids d’un ouvrage référence dans la construction d’un être.
Une écriture fraîche et fluide. Une intrigue qui tient son lecteur en haleine. Alain Rémond a réussi son pari. Les romans n’intéressent pas les voleurs, certes, mais assurément les curieux.
Thomas Delavergne
© Etat-critique.com - 29/10/2007