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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Les rois du patin

Les rois du patin

Josh GORDON et Will SPECK

Avec Will Ferrell, Jon Heder, Will Arnett et William Fichtner Paramount – 03 octobre 2007 – 1h30

Et ta critique ?




Voilà le film qui ne mérite pas de débat tellement sa finalité est simple: faire rire. Cependant le film divise: ersatz de Zoolander d'un coté; burlesque dévastateur de l'autre. Deux critiques à départager!


Contre: Prenez deux sportifs que tout oppose dans la caricature. L’un est une montagne de machisme, obsédé et violent. L’autre, efféminé et candide. Un peu comme nos Philippe Candeloro et Brian Joubert nationaux en somme. Suite à une affirmation physique de leurs ego, ils sont exclus du monde aseptisé du patinage artistique. Seule solution pour continuer à faire vivre leur passion, révolutionner l’épreuve du patinage en couple…d’hommes.

Si le thème n’est pas très universel, le film ne s’adresse heureusement pas aux initiés. Après tout, les costumes de ces ballerines sur piscine congelée sont déjà une belle blague en soi. Fallait-il autant en faire un long métrage ? Le constat reste mitigé.

On sent même l’angoisse des scénaristes quand le récit tente des approches différentes pour se renouveler, preuve que même un bon concept cinématographique ne peut se décliner à l’infini. Le scénario a beau ne pas servir à grand-chose dans la discipline, il aurait gagné à être plus inventif car il finit par tuer l’effet de surprise de la plupart des gags.

Ceux-ci ont vraiment du mal à se mettre en place, handicapés par une atmosphère pauvre en satire et en autodérision, ce qui est le plus grave pour ce genre de film. On ne peut pourtant pas en vouloir aux acteurs qui se démènent comme des beaux diables.

La bande-annonce recèle peut-être les meilleures répliques et les plus grands moments, mais même si on ne peut résister à quelques fous rires, le spectateur pourra se sentir lésé devant la vacuité du reste. Globalement, on ne retiendra que le jeu tout en démesure de Will Ferrell et de son acolyte dont le physique de l’emploi, pourtant indispensable ici, risque de limiter la carrière.

Film à réserver aux sorties entre potes, Les rois du patin (horrible transposition faussement provocatrice du titre US, soit dit en passant), risque de finir sur les étagères d’un vidéoclub à prendre la poussière. Si Nelson Monfort n’était plus parmi nous, il se retournerait dans sa tombe.

Pour: Produit par Ben Stiller, le nouveau film sportif de Will Ferrell devrait consterner la plupart des spectateurs qui n'ont jamais aimé les outrances des comiques américains.

A ce petit jeu, Will Ferrell est le plus fort. Ce type là a une énergie incroyable dès qu'il faut interprèter un crétin sûr de lui. Son personnage, Chazz, est un improbable patineur aux multiples défauts noyé dans une crétinerie sans limite. Ce qui provoque des dialogues et des situations consternantes. Mais hilarantes.

Car l'humour de Ferrell sait toujours se placer dans des univers qui méritent un regard burlesque, plein de dérision. Le comique aime chatier les milieux où règne la prétention. C'était le cas du génial Ron Burgundy, présentateur vedette et de l'excellent Ricky Bobby, roi du circuit.

Après la télé et les courses de voitures, l'acteur s'en prend au milieu du patinage, monde précieux, secret et pontifiant. La grâce n'est pas au rendez vous et c'est tant mieux. Dans l'excès et les blagues plus ou moins douteuses, le comique et les auteurs se livre à une démythification du sport, peu enclin aux nobles sentiments.

Les rois du patin est beaucoup moins satiriques que les autres titres cités mais le film est une comédie où l'énormité dévaste tout sur son passage, y compris la consternation possible.

L'opposition entre Chazz, le macho viril et Jimmy, le niais naïf est le noyau central de l'histoire, très légère pour laisser la place au délire le plus complet et peut être le plus insolent. Il est possible d'y voir donc que de la vulgarité mais la fiction peut parfois en dire beaucoup sur la réalité. Et sans être un mélo ou un documentaire!


Chazz Valar et Jimmy Loosdregt

© Etat-critique.com - 02/10/2007