Les fripouilles sont à la mode dans nos journaux. Les escroqueries font la une des gros titres. Il était temps que les Pieds Nickelés refassent leur apparition.
Ils sortent donc de prison. Comme d'habitude, le trio n'a plus d'argent mais il a des idées pour s'en faire rapidement. Evidemment, sans respecter la loi! Ribouldingue, Filochard et Croquignol vont d'abord vouloir se ranger.
Travailler, c'est trop dur. Ils retrouvent donc leurs vieux réflexes et se voient bien plumer quelques riches prétentieux et un ministre qui n'aime pas trop faire dans le social. Gentiment anarchistes, les trois voyous vont s'employer à dépouiller quelques idiots qui le méritent.
Comme nous sommes rentrés dans le XXIe Siècle, le trois lascars s'attaquent à un politicien de droite, une star du rap et une vieille héritière qui sucre les fraises. Philippe Riche, l'auteur de la bédé, s'amuse à tailler dans l'actualité un costard à la société française.
Depuis un siècle bientôt, le Pieds Nickelés sont le symbole du petit peuple franchouillard, adepte du système D. Ici, le trio est marginalisé à l'extrême, donc très motivé pour se venger d'une société où les écarts se creusent avec violence.
Heureusement, à la différence des dernières tentatives d'adaptation des Pieds Nickelés, les trois héros profitent d'un dessin moderne, un scénario ancré dans la réalité et d'un sens de l'ironie très moderne. On rit beaucoup car les héros sont très à l'aise dans l'esbroufe des années 2000.
Intemporel, le trio, inventé en 1908 par Louis Forton, s'adapte très bien aux combines et le destin continue de leur jouer un vilain tour à la fin. La malchance fait partie aussi de la légende des Pieds Nickelés. Futés mais guignards!
Le lecteur lui a de la chance de redécouvrir ces ancêtres de la bande dessinée. Leur ardeur et leur gouaille se marient au style contemporain de Philippe Riche. Ces Pieds Nickelés sont en or!
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 10/08/2011