Robin des bois à l’époque des nazis, c’est ainsi que l’on peut résumer ce gros mélodrame guerrier et assez épais. Restent les beaux yeux de Daniel Craig.
On va commencer par le meilleur : les yeux bleus de Daniel Craig. Avec son visage ratatiné, sa bouche plissée et son regard plein de souffrance, ses billes toutes bleues sont fascinantes.
Dans une sombre et austère forêt, les yeux de l’acteur permettent au spectateur de rester proche de ce Robin des bois des années 40.
L’agent 007 joue donc un bielorusse juif, réfugié dans une gigantesque forêt, avec ses trois frères. Les juifs persécutés se retrouvent dans la nature sauvage et décident de vivre dans un village de fortune.
Mais l’hiver est rugoureux. Les Allemands encerclent doucement mais sûrement la forêt. Les communistes sont des amis roublards. Les loups guettent. Même au sein de la petite communauté, la tension est palpable et provoque de véritables drames.
Heureusement, Daniel les beaux yeux veille sur ses ouailles comme l’aurait fait Moïse. Edward Zwick, un réalisateur aussi nuancé qu’un parpaing (Couvre feu ou Légendes d’automne) attrape tous les clichés du mélo et les enfile comme des perles.
Les frangins se disputent et se réconcilient en éliminant des nazis. Il y a des trahisons prévisibles, des amours impossibles, des choix cornéliens et des petits miracles qui réchauffent les survivants malgré le grand froid.
Tout semble simplifié par le traitement hollywoodien. La véracité (la résistance juive et bielorusse) se fait pilonner par les stéréotypes, trop énormes pour être honnêtes.
Heureusement il y a le talent des acteurs et les mirettes de la star internationale. Le bleu intense du regard explique largement pourquoi Daniel Craig a grimpé si aisément au sommet de l’industrie du cinéma. On peut ici oublier ce qu’il y a autour.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 05/02/2009