RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Jeudi 24 Mai 2012Art-scène

Les forains

Les forains

Stephan WOJTOWICZ

Pièce de Stéphan Wojtowicz, montée par Panchika Velez - Avec Didier Brice, Nathalie Cerda, Maxime Leroux, Aliénor Marcadé-Séchan et Matthieu Rozé. Théâtre La Bruyère, 5, rue La Bruyère 75009 Paris.

Et ta critique ?




Voilà une pièce décevante qui commence bien mais finit en rase campagne. Elle fait quand même le chemin du théâtre de répertoire à celui de boulevard.


Ce qu’il y a de mieux dans la pièce Les forains de Stefan Wojtowicz, c’est encore le décor avec sa butte de terre sale et le campement improvisé et déglingué où trois paumés attendent on ne sait quoi, assis à côté d’une station déserte du chemin de fer. Ces trois paumés rejouent En attendant Godot en mode mineur.

Qui sont-ils ? Il y a Eddie qui compte les wagons des trains et mémorise les horaires. Jackie, sa femme, attend de reprendre hypothétiquement la route. Et Nono, le frère de Jackie est un simple d’esprit, obsédé par le sexe et la picole.

Un soir, deux éberlués descendent d’un train pour des raisons différentes. Hélène et Olivier vont croiser la route des trois larrons et leur vie va s’en trouver chamboulée.

Au début, on est surpris, voire charmé par le décor hyperréaliste et par la puissance du jeu de Maxime Leroux (Eddie) qui menace sans cesse d’exploser. La situation est bien exploitée et on est conquis par l’âpreté de ce qui nous est présenté.

En fait, la pièce serait raccourcie d’un bon quart d’heure, le spectacle serait intéressant et cohérent. Peut-être pas d’une folle originalité mais cohérent. La pièce peut rappeler Les bas-fonds de Gorki adaptés par Gildas Bourdet il y a plus de vingt ans.

Malheureusement, un quart d’heure avant la fin, ça dérape. Wojtowitz ne sait pas comment terminer sa pièce, alors il fait le malin et nous opère un retournement de situation qui nous laisse pantois. Et du coup sa pièce perd sa saveur et son ironie pour verser dans le grand n’importe quoi.

Bon, les gens rient. Mais les gens, au théâtre, il faut s’en méfier parce qu’ils ont tendance à rire pour n’importe quoi. Rire leur permet de se protéger de ce qu’ils voient. En l’occurrence, les gens rient de tous les personnages qui, à force, en deviennent ridicules et peu aimables. Il s’agit plus d’un rire méprisant ou condescendant que d’un rire de communion.

Pourquoi la pièce Les forains, est-elle un succès qui tient l’affiche depuis plusieurs semaines, voire quelques mois ? Franchement, après l'avoir vue, on est bien en peine de répondre...


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 31/03/2008