Vous
avez un voyage en train à effectuer, un trajet qui ne
dure pas plus de deux heures ? N’hésitez pas à
emporter avec vous Les filles n’en mènent pas large
de Sparkle Hayter.
C’est le type même du roman qui
ne vous donne pas de maux de tête et qui vous procure
un plaisir aussi fugitif qu’une bouffée de parfum.
En fait, si vous voulez lire un livre qui ne vous laissera aucun
souvenir, vous pouvez acheter en librairie n’importe quel
roman français paru ces derniers mois. On vous y parlera
de bouffe, de sexe, de papa, de maman, parfois de tous ces sujets
mixés en un seul. Et au bout du compte, vous aurez l’impression
d’avoir été invité à un dîner
sans qu’on ne vous tende aucun des plats. Sparkle Hayter
est plus sympathique. Elle ne prétend pas vous cuisiner
du Bocuse. Réfrénez vos ardeurs et vos appétits
trois étoiles. Vous aurez droit à un bagel new-yorkais
avec tranche de pastrami. En plus, vous ne serez pas ballonné
et vous pourrez manger correctement au repas suivant.
Sparkle Hayter, notre modeste cuisinière du jour, est
née en 1958 en Colombie-Britannique (au Canada). Elle
a été reporter à CNN et a monté
des spectacles comiques.
Premier opus des aventures de Robin Hudson, Les filles n’en
mènent pas large nous présente une héroïne
atypique. Robin a 35 ans, elle est rousse, séparée
de son mari et journaliste à ANN, chaîne d’information
en continu. Elle est aussi gaffeuse, du genre à roter
en direct au moment où elle pose une question au porte-parole
de la Maison-Blanche. Elle est cantonnée dans un service
où elle doit enquêter sur les dons de sperme. Comme
toutes les personnes normalement constituées, elle attend
l’amour et espère des relations sexuelles satisfaisantes.
Un détective privé la contacte afin de lui révéler
de croustillants secrets qu’il espère monnayer...
Il lui donne rendez-vous dans l’hôtel où ANN
fête le réveillon du nouvel an.
Vous n’avez pas besoin d’en savoir plus. Avant de
vous laisser prendre par le ton du récit, sachez que
ce ton, cet esprit justement, fait tout le charme de la narration.
Les Anglais appellent cela the witt. Et du witt, Sparkle Hayter
en a à revendre.
Philippe Sendek
© Etat-critique.com - 19/05/2009