Une adaptation moderne et fidèle des Femmes savantes, portée par un Jean-Laurent Cochet magnifique, triomphe au Petit Théâtre de Paris. Précipitez-vous !
Pouf pouf… on oublie tout et on recommence. On oublie Madame Sorreau, la sinistre prof de Français des 4e et des 3e (que vous avez dû subir deux années de suite). On oublie les scènes qu’il fallait monter lire sur l’estrade dans un simulacre pathétique et ânonné de Comédie Française du (très) pauvre. On oublie les rires goguenards des copains et les vers dont on ne comprenait pas grand-chose… On oublie tout et on se précipite au Petit Théâtre de Paris pour savourer la représentation joyeuse et enlevée des Femmes savantes de Molière.
Une jolie troupe pleine de fraîcheur et de conviction, un légendaire et irrésistible Jean-Laurent Cochet dans le rôle-titre (grimé en femme, comme le veut la tradition), un texte, truffé de trouvailles et de saillies, qui pétille de drôlerie, une intrigue qui rebondit à chaque instant… On est à des années-lumière du pensum de nos années collège.
Dans le bel écrin d’un décor épuré et audacieux, le texte et l’esprit de Molière sont respectés à la lettre dans une mise en scène moderne, presque burlesque. Pas de silence pesant ni d’effet déclamatoire. On entre, on sort, on rit, on pleure, on complote et l’on se dispute avec le même enthousiasme et sans temps mort.
Le public ne s’y trompe pas qui n’en perd pas une miette et jubile tout du long, ne ménageant ni ses rires, ni ses applaudissements. Ne manquez pas l’occasion d’oublier à votre tour les affres endurées sous le regard exaspéré de Madame Sorreau : précipitez-vous !
Jo Brumaire
© Etat-critique.com - 24/05/2010