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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Les femmes de ses rêves

Les femmes de ses rêves

Peter FARRELLY et Bobby FARRELLY

Avec Ben Stiller, Michelle Monaghan, Malin Akerman et Jerry Stiller - Paramount - 28 novembre - 1h45

Et ta critique ?




Vous avez aimé Mary à tout prix ? Fous d’Irène ? Deux en un ? Préparez-vous à la dernière comédie des frères Farrelly car elle est loin d’être aussi subversive et délectable que les précédentes. Voire carrément mauvaise.


Finalement, le mouvement social organisé par la WGA (syndicat des scénaristes américains) de ce mois de novembre 2007 aura eu des répercussions plus précoces qu’on le pensait. Peter et Bobby Farrelly, par compassion pour leurs collègues, ont décidé de démarrer la grève avant l’heure.

Cette histoire d’un mariage blanc qui tourne court connaît donc un démarrage mou à l’image de l’ensemble du film. On passera donc rapidement sur la rencontre et le mariage en lui-même pour se concentrer sur la lune de miel où le sol s’ouvrira sous les pieds de nos apprentis tourtereaux.

Entre les turpitudes du célibat, un entourage qui aurait fait la fortune de Freud, le désenchantement d’une vie rangée et l’étude détaillée des petits défauts qui pourrissent la vie commune, le sujet était risqué à traiter tant il a généré de la pellicule, pour le meilleur comme le pire. Mais à ce qu’il paraît, ce sont dans les plus vieux pots que l’on fait les meilleures soupes.

Si on se demande pendant plus d’une heure qui est aux fourneaux, c’est que nous sommes face à une pâle copie de la recette des comédies des deux frangins. Retrouvant pourtant leur muse, Ben Stiller, on sent que le trio a vieilli et n’arrive plus à faire le même humour collégial qu’avant. Il ne faut donc pas être surpris de retrouver des élans mélancoliques au milieu des paires de nichons et des strings ficelle.

L’humour est trop démonstratif pour des choses que l’on a déjà vu est revu chez eux, et pire, chez ceux qui les ont imité. A force de s’éloigner des choses simples, ils ont oublié l’essentiel : l’universalité. Les gags les plus énormes tombent rapidement de leurs piédestaux respectifs et la seule inspiration de ce film semble être l’ennui qui subsiste après avoir terminé un long-métrage.

L’originalité n’est pas tant le problème majeur au regard de la relative timidité dans la mise en scène, voire d’une certaine pudibonderie, incompatible avec certaines scènes qui tentent d’aller loin mais hésitent trop longtemps pour être réussies.

Seul le twist final apporte un peu de fraîcheur à l’ensemble, mais il est déjà trop tard quand le spectateur n’a plus qu’une envie : rentrer chez lui, boire et oublier. On ne fait pas de bons films à les faire plus par habitude que par envie. Le public, lui, pourra se dispenser de la corvée à moins d’apprécier les films qui oscillent entre le gras sans saveur et l’allégé bien artificiel, ce qui résume bien une telle expérience.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 26/11/2007