Comment ne pas ressentir de la pitié face à un film comique qui ne parvient pas à être drôle ? Encore une preuve que les Français peinent à recopier ce qui marche en Amérique.
Quand la télévision française a adapté les Experts ou Urgences, cela a donné une mixture étrange qui ne prenait que ce qui était mauvais dans la formule en rajoutant plusieurs couches d’amateurisme. On voyait que le manque flagrant de moyens n’arrangeait pas l’absence de bons scénarios ou d’acteurs crédibles.
De manière générale, à chaque fois que notre cher pays tente de reprendre ce qui réussit aux États-Unis (sûrement par vengeance), c’est un désastre. Pour mémoire, c’est comme cela que l’on s’est retrouvé avec la télé-réalité et les émissions de jeux voué à la ridiculisation du Français moyen face à des sommes indécentes. Les deux ayant en commun une puissante portée humaniste.
Pourtant, le phénomène n’avait que peu touché le cinéma. On se souvient (hélas) de Bloody Mallory ou d’Atomik Circus, tentatives de films de genre à la limite du soutenable. Cette fois, c’est l’humour bien gras à la mode américaine (Judd Apatow, les Frères Farrelly…) qui est pris pour cible. Jouissant d’un public fervent souvent déçu de voir arriver ses œuvres préférées directement en vidéo, cette niche se devait de subir les derniers outrages dans notre contrée.
Dans le rôle des bourreaux, deux réalisateurs débutants qui se sont mis en tête de prouver que nous étions capables de faire des films cons. Pour illustrer leur propos, on retrouve trois teufeurs pique-assiettes en prise avec des vampires dans un château isolé. Survivront-ils à cette nuit d’horreur ? Le spectateur n’aura malheureusement pas le choix.
Prendre les suceurs de sang pour des buses, c’était l’idée géniale du Bal des Vampires de Polanski. Mais, n’est pas Polanski qui veut. Et surtout pas les deux responsables de cette bouse qui se contentent d’enchaîner gratuitement des blagues vaseuses.
Pour autant, on voit très bien où le long-métrage est censé aller avec certains clins d’œil ou quelques plaisanteries. Le problème c’est que l’on passe plus de temps à fantasmer sur ce que le film aurait dû être plutôt que d’apprécier ce qu’il est. Si tant est qu’il y ait quelque chose à apprécier, bien sûr.
Mais si le récit se prend autant les pieds dans le tapis, ce n’est pas uniquement de la faute d’une écriture sans relief ou d’une absence de rythme et de cohérence. Quand les interprètes ne croient pas du tout à ce qu’ils font, c’est généralement mauvais signe.
Si Ben Stiller, Will Ferrell ou Steve Carell avaient commencé à faire leurs preuves dans le Saturday Night Live (émission de divertissement agrémentée de sketches, comme ont pu en faire les Nuls), on ne pas en dire de même d’Hélène de Fougerolles ou de Patrick Mille. Sans parler de Stéphane Freiss et de Julien Boisselier qui ont dû vraisemblablement perdre un pari pour se retrouver dans ce cauchemar. À moins d’un perdre un vous aussi, épargnez-vous ce spectacle affligeant.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 12/08/2008